sept 04 2008
Carte blanche à… Myriam Thiam
MYRIAM THIAM, UN COEUR DE POETESSE

Vous savez dejà de ma copine Myriam Thiam, qu’elle a une fort jolie voix et qu’elle est l’une des choristes attitrées de « Bokâtaj », mon prochain spectacle. Pour elle, j’ai inventé le mot « irradiance ». Mais saviez vous que sa plume est légère comme la brise marine, dont elle se joue parfois, en mots choisis, comme dans ce texte où elle dévoile son cœur de poétesse… Je parie que vous aviez oublié combien peut être agréable un petit poème en plein jeudi !
POPENGUINE-THIOUPAM
Tes moutons hardis
Partir à la conquête
D’étendues sableuses
Et cent fois déconfits
Puis revenir aspirés
Des hauteurs d’azur et d’émeraude
Avant d’inlassablement
S’élancer de nouveau vers leur défaite
Et pourtant
C’est ce temps qu’il nous manque
C’est cette volonté qui nous fait défaut
C’est ce sens de l’histoire qui nous échappe.

D’une roche à la falaise
La plage s’étirait
Et la mer en un lent déferlement
Cousait au point du vent
Leur histoire commune.
Taillés comme à la serpe
Les flancs à nu
Arrêtes évoquant d’anciennes blessures
Se dressaient face à l’océan
Et nous taisaient l’histoire égrenée
Engrangée au fil du temps
En cette heure où les crabes sortaient
Longtemps avant le crépuscule
Le rocher s’était emmitouflé d’argent
Et ciel et mer se répondaient
Pendant qu’altier il virait à l’ébène.
Un roc
Un croissant de sable fin
Ourlé de moutons d’écume
L’émeraude et le turquoise
D’une mer étale
Un vent léger charriant
Murmures et caresses
M’emplissent d’éternité, de paix.
Ce n’est pas de tes pleurs dont j’ai besoin
(Myriam Thiam, le 18 juin 2005)
Photo dans son contexte original : monmondevisuel.dhblogs.be/