Hanétha Vété Congolo : L’Etre qu’on aime avoir lu

Absolutly Hanétha !

Allez hop, aujourd’hui, on se lave la tête grâce à une fille absolument fabuleuse, dont le nom est tout un poème. Nous avons tendu une Carte blanche à Hanétha Vété Congolo. Elle nous l’a rendue fleurie de mille mots…
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Oeuvre de Elise Ansel créée pour ce recueil…

Cher lecteur connu et inconnu, je m’adresse au poète qui sommeille en chacun de toi. Quelque soit ta vie ou tes (pré) occupations, il y a dans ta tête un espace sensible à l’art, et peut-être plus précisément à la poésie. Encore faudrait-il que tu aies et que tu prennes le temps de l’écouter. C’est pour toi qui oublie peut-être de le faire que, de temps en temps, la poésie s’invite dans le Champ Sacré et j’espère que tu en profites bien.

L’autre jour, je t’ai présenté Myriam Tiam, ma sista sénégalaise qui chante aussi merveilleusement qu’elle écrit. Je t’ai aussi parlé du Poète de l’Amour… Ah, oui, c’était il y a longtemps, et tu as sans doute oublié, ou tu n’as pas vu passer. Mais si tu avais aimé ces escales, tu adoreras celle à laquelle je t’invite à travers l’œuvre d’une fille absolument épatante, regarde…

Anétha Vété Congolo, la fille qui vient au centre du Champ Sacré nous  offrir un grand bol d’air à la saveur poétique est de celles que l’on n’oublie pas. Elle aurait très bien pu se contenter d’être Docteur es lettres, auteur d’une thèse sur « Intertextualité et transtextualité : problématiques de la re-écriture dans le système littéraire de l’Amérique insulaire d’expression française, anglaise et espagnole » à découvrir ici

Elle aurait pu poursuivre la belle carrière de chercheuse, spécialiste des littératures et des oralités d’Afrique et de la Caraïbe entreprise au Bowdoin Collège du Maine (USA) où elle enseigne la littérature. Un parcours jusqu’au sommet sans faute pour une femme martiniquaise  si jeune,  je trouve ! Surtout dans le domaine de la recherche où nous avons tant besoin du savoir que les personnes comme elles nous restituent.

Cela fait déjà beaucoup pour une seule personne, mais non, en plus, Hanétha est hy-per-belle, de ce type de beauté qui frappe et qui séduit. Ce qui la rend inoubliable c’est qu’en plus de tout ça, quand elle ouvre la bouche, elle devient fascinante. Et quand elle la ferme, c’est pour  mieux rêver les mots et les écrire comme elle les pense, donnant à ses vers une saveur suave et grave à la fois, toujours profonde.

C’est ce nectar que je vous invite à découvrir dans le recueil de poésie qu’elle vient de publier… C’est elle qui en a extrait le poème suivant, rien que pour nous…

Séquence évasion…
Gloriyé Hanetha fanm Matinik absolutly fabuleuse !

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Parler mon souffle

J’ai parlé le son de la pierre parlé
parlé la pierre la pierre
dure sonore de tendres mots
parlé j’ai parlé mon corps le souffle de mon chant
chanté j’ai chanté mon coeur en souffle souffle souffle
j’ai soufflé
soufflé le vent
le vent du ventre soufflé
soufflé
j’ai soufflé la sonie des maux
j’ai sonné sonné forte forte comme l’art qui combine les sons forte forte forte j’ai sonné
sonné du fort du dedans
sonné j’ai sonné
vagi le souffle du né nouveau
cri cri cri crie le cri lactifère
j’ai crié
le muet
le bleu de l’âme crié le rouge du cœur
j’ai parlé le morne brun de mon âme
j’ai parlé le vert le vert le vert courtisé le vert du morne vert
j’ai brillé le jaune le jaune de l’astre dans mon âme
henni les bonds de la jument jument
chauffée à la couleur du sang
j’ai pleuré les rires de mon sexe grand coeur humide haletant
mon sexe haletante vanesse légère légère qui donne aubade la vie dans les bras ouverts du jour
nouveau toujours nouveau toujours
j’ai parlé le feu le feu
parlé brûlé le vent le vent en gouttes lames
le vent en larmes d’eau
j’ai brûlé le vent brûlé brûlé brûlé le vent en gouttes lames parlées
j’ai hurlé hurlé l’arbre haut son fût ses branches sa cime sa cime hurlé
la nouaison pantelante
j’ai parlé mes larmes parlé l’eau du cœur de l’âme perlée
j’ai parlé la terre de mon ventre en glèbe fertile de fleurs annonciatrices des fruits impatients
j’ai parlé l’amour nubile l’amour

au centre centre

parlé
j’ai parlé
parlé ma haute terre bleue le ciel sous mes pieds alaires parlé
j’ai parlé
dans la nuaison des maux qui mal font j’ai mandé
mandé mandé le souffle qui voit sent entend
manman de rouge et de bleu manman j’ai mandé
mandé
cherché
j’ai cherché
la main qui même pareille touche touche
la main qui touche touche la main
la main qui touche et voit dit le miel vielle le chant la vie
la main qui chante chante chante la main chante la main la main chante chante
la main chante la main la main qui chante
la vie

j’ai parlé la vie
hurlé mon souffle
à la main la main qui ne voit n’entend la main qui ne sent mandé
j’ai mandé mandé mandé
vagi du ventre manman le souffle rouge qui du nouveau nouveau nouveau bleu bleu bleu veut naître au jour le souffle
naître naître naître bleu le souffle veut le grand jour éclos à l’Absolu

Anetha Vete Congolo
Beauregard, le 14 septembre 2007, 00h30

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Plus d’infos :

Pour voir les oeuvres de l’artiste Elise Ansel, c’est ici

Belles paroles d’ Hanetha !

http://www.montraykreyol.org/spip.php?article2593
http://www.97news.fr/hanetha-vete-congolo-signe-avoir-et-etre-ce-que-j-ai-ce-que-je-suis.html
http://www.noiraufeminin.com/article.php?aid=3675
http://femmdoubout.org/fd-dédicace-1/fd-dédicace-hanétha-vété-congolo/ <http://femmdoubout.org/fd-d%E9dicace-1/fd-d%E9dicace-han%E9tha-v%E9t%E9-congolo/>

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