26 septembre : En souvenir des victimes du Joola

A TOUS LES FIDELES LECTEURS DU « Roman de la Caravane »…

Je vous demande pardon de vous priver d’un nouvel épisode de l’histoire du Retour total de Seku Mâga, mais… oups, je ne m’étais pas rendue compte que nous serions aujourd’hui le 26 septembre. Et tous les 26 septembre, je suis Joola. Je suis de cette ethnie de ma chère Casamance, dont je vous ai parlé ici même, qui a perdu tant des siens et de ses visiteurs, dans cette tragédie si tristement célèbre. Et tous les 26 septembre, je porte le deuil comme mes frères et sœurs du Sénégal. Nous retrouverons donc la suite de nos aventures vendredi prochain, si Dieu veut. Car aujourd’hui…

SOUVENONS NOUS DU JOOLA…
LE PLUS GRAND NAUFRAGE DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ

26 novembre 2002, le bateau « Le Joola » assurant la liaison entre la Casamance et Dakar sombre. Bilan : 1863 morts. 6 ans plus tard, le ton monte
entre la justice française et les autorités sénégalaises.
Et des gens continuent d’en souffrir.

Naufrage
« Le Naufrage » par Régis Broustet

Le Sénégal détient un record dont il se serait bien passé : il est le théâtre du plus grand naufrage de l’humanité, pulvérisant l’ancien record détenu par le Titanic, qui avait fait 1513 victimes. Mis en service en 1990, le bateau (79,5 m de L, 12,5 m de large, 2087 tonnes) avait une capacité de 550 passagers, 13 véhicules et 250 tonnes de fret. Seul bateau à assurer le trafic, il désenclavait la Casamance, qui a beaucoup de difficultés de transport par la route qui traverse la Gambie.

Immobilisé en septembre 2001 pour des travaux de réparation, il fut remis en service deux semaines seulement avant la tragédie, le 26 novembre 2002. Cette nuit là, le Joola partit pour son dernier voyage de Karabane, île située entre Ziguinchor et Dakar où il faisait escale, sous une pluie battante, avec près de 2000 personnes à son bord.

Pour en savoir plus, plutôt que les journaux officiels, lisez cet article écrit par la jeune Fatou DIOP, élève de terminale à la Maison d’Education de Gorée. Apparemment, on n’y apprend pas la langue de bois. Ce faisant, vous visiterez le site qui traduit la vision que de jeunes sénégalaises ont aujourd’hui du drame.

http://www.world-links.org.sn/lejoola/contribution.htm

6 ans ont passés depuis le naufrage et jusqu’à aujourd’hui, les blessures restent ouvertes. Ce sont les familles qui pleureront toujours, les orphelins qui demandent à être mieux pris en charge, ce sont ceux qui n’acceptent pas que les responsabilités ne soient pas encore établies. Ce sont aussi tous ces gens qui se sentent coupables, dans leur cœur, comme le dit Fatou ci-dessus, et puis aussi tous ceux qui ne veulent pas l’être… Comment les choses vont-elles évoluer ? La semaine dernière, la justice française a attaqué ouvertement l’état du Sénégal, dont elle poursuit 9 ministres et personnalités de l’époque, présumés par elle responsables de la catastrophe qui a couté la vie à une vingtaine de français.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/09/12/naufrage-du-joola-la-justice-francaise-
poursuit-des-ex-ministres-senegalais_1094797_3212.html

Les autorités sénégalaises ne l’entendent pas de cette oreille et leur riposte est cinglante :  » En riposte aux mandats d’arrêts lancés contre l’ex-Premier ministre Mame Madior Boye et 8 autres personnalités sénégalaises, le Sénégal a décidé de traduire le juge français Jean-Wilfrid Noël pour « forfaiture et discrédit sur les institutions ». L’annonce a été faite par le collectif des avocats devant assurer la défense des autorités sénégalaises » comme Nettali l’annonçait çi-dessous le 19 septembre dernier :

http://www.nettali.net/spip.php?article7556

Nul doute que ça va être chaud pour les deux états entre qui se dressent 1863 fantômes… A suivre, après que nous ayons communié avec tous ceux qui, en ce vendredi 26 septembre, se souviennent et se recueillent…

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B O N U S

A LIRE

En novembre 2002, deux mois après la catastrophe, l’état du Sénégal fait le bilan. Voici le rapport complet (mais néanmoins contesté) de l’enquête technique sur les causes du naufrage.

Un livre-thérapie : un père témoigne
Nassardine Aidara, AUX VICTIMES DU BATEAU « LE JOOLA ». L’HOMMAGE D’UN PÈRE, Dakar, Imprimerie Saint-Paul, 2003, 142 pages.

Photo dans son contexte et autres tableaux de l’artiste Régis Broustet

2 comments on “26 septembre : En souvenir des victimes du Joola”

  1. Imaniyé dit :

    Bonsoir M. Broustet,

    J’ai été mal renseignée alors… Je m’en vais réparer cette erreur de ce pas et merci pour cette toile qui ressemble tant à mon état d’âme du moment…
    Revenez quand vous voulez, Régis…

  2. BROUSTET dit :

    Bonjour,

    Aucun problème pour l’emploi de ma toile intitulée Naufrage et d’ailleurs qui vient d’être exposée à l’institut océanographique de Paris sur mon exposition  »Mer de plastique », mais cela me ferait plaisir de voir mon vrai prénom qui est Régis et pas Francis.
    C’est très sympa de vous intéresser à mes oeuvres.

    Bon courage pour la suite.

    Régis Broustet

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