Le Sénégal qui n’en peut plus !

Un ras le bol qui se généralise !

Mes amis, c’est à regret que je commence la semaine avec la situation à Dakar qui me semble devenir carrément désespérante… On dirait que rien ne va ! En plus, le Sénégal éliminé de la CAN et de la coupe du monde ? Voila qui ne va rien arranger à l’affaire…

Emeutes au Sénégal
Déjà, en novembre dernier, les jeunes commerçants ambulants tiraient à leur manière la sonnette d’alarme d’un ras le bol qui se généralise…

J’ai toujours eu énormément de scrupules à critiquer ce que je vois sur ma terre africaine. Mais depuis quelques temps, force m’est de constater que le Sénégal souffre beaucoup. Enfin les Sénégalais souffrent. Pas tous, évidemment… Il y en a dont on a l’impression qu’ils n’ont aucune idée de ce qui se passe autour d’eux et qui vivent comme des pachas, entre leurs bureaux climatisés où ils brassent des millions et leurs belles villas toutes aussi climatisées qu’il regagnent le soir bien à l’abri des vitres teintées de leurs 4/4 climatisées, comme il se doit. Et puis il y a les autres, beaucoup plus nombreux, qui ont vu leur pouvoir d’achat diminuer de façon catastrophique ces derniers temps.

D’abord, tout a augmenté de façon dramatique. Les loyers ont fait un bond fulgurant, obligeant l’état à prendre des mesures pour les bloquer, lesquelles ne sont évidemment pas suivies. Sans parler du carburant qui ne cesse d’augmenter, ce qui rend les taximen particulièrement acariâtres… Il y a un an, je sais ce que je pouvais acheter avec 1000 francs cfa. Aujourd’hui, je n’ai pas la moitié de ce que je pouvais alors acquérir. Les denrées de première nécessite, lait, sucre, pain, (toutes issues d’une culture étrangère qui a modifié les habitudes alimentaires de tout le pays) et surtout le riz, aliment de base du sénégalais, ont grimpé ! Et les salaires n’ont pas bougé. Il faut dire qu’ils sont quelquefois tellement insignifiants, que je me demande comment font ces mères et pères de famille, qui ont le plus souvent, beaucoup d’enfants et de gens à charge. Une femme de ménage par exemple, est payée entre 20 et 50 euros le mois, un prof d’université gagne 500 euros quand il est bien payé. Un ministre gagne un peu plus de 3000 euros environ par mois.

Mais alors, que dire de ces coupures d’électricité qui empêchent carrément tout le monde de travailler ? Cela fait des années que cela dure, mais il faut bien dire que, ces jours ci, la population le supporte de plus en plus mal. La semaine dernière, des émeutes ont éclaté, et des jeunes, partis des quartiers populaires, sont allés casser des agences de la Sénélec, fournisseur d’électricité en situation de monopole, surprenant les politiques qui ont oublié peut être que c’est comme ça que commencent les révolutions, par ces révoltes de gens qui en ont marre d’être toujours ceux qui payent le plus fort prix, alors qu’ils sont ceux qui gagnent le moins. J’ai constaté par moi même que les coupures semblent beaucoup plus fréquentes dans les quartiers populaires que dans les quartiers chics, dont les habitants ont les moyens de s’offrir des groupes électrogènes.

Aussi, chers amis, je crains que ce blog ne puisse être alimenté cette semaine comme il l’est d’habitude, car je ne suis pas sure d’avoir le courant, ni à mon travail, ni chez moi, comme ce fut le cas toute la semaine dernière. Heureusement, j’avais des articles en avance, que j’ai pu programmer. Mais cette semaine, c’est autre chose.

Pardonnez moi donc si, lorsque vous venez, vous trouvez l’article de la veille. Je ferai de mon mieux, mais je ne garantis rien. Tout dépend de la Sénélec !

Vous me direz, qu’est-ce qu’une mise à jour en retard, lorsque tant de gens ont faim autour de moi, lorsqu’ils dorment à tour de rôle, faute de place dans leur petite piaule, lorsqu’ils mendient au bord des routes en si grand nombre, lorsque, passant près d’eux dans la rue, je croise le regard tellement désespéré de ceux qui attendent depuis des heures qu’un car puisse les rendre chez eux… Qu’est-ce qu’une mise à jour en retard lorsque tous les jours, des jeunes, des femmes et des enfants bravent la mort dans des pirogues pour s’enfuir littéralement de ce pays où ils ont l’impression qu’ils ne vont jamais s’en sortir ?

Et voilà que j’apprends que des jeunes en colère attendent « Les Lions » et l’entraineur de l’équipe nationale de foot avec des cailloux, que les alentours du stade sont enfumés, parce qu’ils viennent de se faire éjecter des deux plus importantes compétitions sportives, la Coupe d’Afrique des Nations et la Coupe du Monde ! Alors là, voilà un espoir de joie collective et fédératrice, qui part en fumée… Quand on sait l’importance du foot dans la vie locale, quand on sait que c’est un vrai pansement pour l’âme que de gagner au moins sur le stade, voila qui ne va pas arranger le moral de la population, dé !

Ainsi s’achève cet article que je vais mettre en ligne, entre deux coupures, en espérant que je pourrai tout de même vous retrouver aussi souvent que possible cette semaine et les suivantes.

J’ai mal à Dakar et à tout ce Sénégal qui n’en peut plus !

Image dans son contexte original :
www.rfi.fr/actufr/articles/095/article_59335.asp.