Crise de nerfs à Fort-de-France

Quelle indifférence… Quelle normalité !

Hier, j’ai fait une crise de nerfs en ville. Devant l’indifférence. Je n’aime pas me souvenir de ce moment et n’ai vraiment pas envie de romancer l’histoire. Mais faut déposer ça quand même… Aussi je serai brève…

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Je sors d’un rendez-vous et m’en vais à un autre en traversant la ville. Je tombe sur une dispute entre jeunes qui dégénère entre deux d’entre eux. Bagarre. Je suis surprise de la rapidité et de la violence de la scène. Ils se battent à mains nues. J’attends qu’il se passe autre chose. Mais rien n’arrive. Je regarde autour de moi, un commerçant se croise les mains derrière le dos. Les étudiants qui attendent dans la gare regardent la scène sans un bronchement. Les gens qui passent… passent en regardant comme s’il s’agissait d’un bon vieux cancan alors que les coups pleuvent de part et d’autre. J’hallucine. Personne ne fait rien. Alors… La surprise, ? la peur ? le choc ?… je crie, j’engueule ! Je m’entends faire ça et je me dis « Mais attend… » mais il il est trop tard.

Toute cette indifférence, cette passivité, cette impassibilité de tous, jeunes comme vieux  m’émeut plus que tout. ! Un des jeunes, finalement, intervient… Puis un autre… Les voilà séparés, enfin ! Ça crie toujours, mais bon, c’est mieux. Mais je me retrouve en pleine crise dans la rue. Je m’entends continuer de vociférer jusqu’à mon rendez-vous. Oui, ils ont du me prendre pour une folle ceux qui m’ont croisés, ma rage en bandoulière, la bouche en feux sur le grand boulevard.

J’arrive au rendez-vous, non sans m’être ressaisie. Réflexe professionnel et éducationnel. Je croyais pouvoir m’en sortir, mais je sais pas, quand je me suis assise en face de la dame, je me suis sentie en confiance sans doute. Et les larmes qui jusqu’alors m’étranglaient ,se répandent tandis que je me demande et lui demande qu’est ce qui arrive à la Martinique ? J’ai besoin d’ un mouchoir. Je n’ose pas demander un verre d’eau. « 

Et qu’est-ce-que je peux faire pour vous » ? J’entends « Tout ça pas ça mais je suis pressée… alors ? » Alors je fais vite de faire ma commission et je m’enfuis.

Depuis… On ne peut pas dire que ça va très bien merci…
Aujourd’hui, grève générale, nationale. La Guadeloupe est littéralement paralysée depuis plus d’une semaine. Je ne sais pas si la Martinique va suivre, mais une chose est sure : Fiche que va mal, papapapapapapa…..

Bon, stop ! Ne reste pas sur ce flux négatif Imaniyé, sors de cette page, vas au piano ! Prend une vraie plume entre tes doigts ! Lis, danse, tiens, prend donc la Kora, cette ronde inconnue, et regarde ce que tu peux en tirer pour, impérativement là, tout de suite, te délivrer du mal qui a pris de grandes vacances en Martinique et qui prétend habiter ton âme…

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Image dans son contexte :
mamiejosiane.centerblog.net/5564213-Photo-134..

2 comments on “Crise de nerfs à Fort-de-France”

  1. imaniye dit :

    Oh, merci Charlotte. Ce que tu dis est vrai.
    Je te souhaite la bienvenue sur ces pages et espère que tu y reviendras souvent.
    Passionnément
    Imaniyé

  2. Charlotte dit :

    Bonjour Imaniyé,
    étant dans le même genre d’état pour de toutes autres raisons j’ai décidé de surfer et suis tombée sur ton témoignage… alors je te réponds même si le temps a déjà passé. Comme toi, l’indifférence me révolte souvent; je suis très émotive et assez vite déstabilisée, nerveuse; le tout fait que je me mets parfois en danger moi-même, et alors là il n’y a plus personne pour m’aider… CCL, je crois qu’on a d’abord le devoir de se protéger soi-même, s’équilibrer, et qu’on doit savoir si on est assez solide pour prendre un rôle dans une situation extérieure.
    Bonne chance pour toi et pour ton pays.
    Charlotte

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