Elue «Passion la plus prenante de l’année» : Le collage !

Laissez vous emballer
par les petits papiers façon Geneviève Mourès

Yélélé, Mézami, heureuse d’embarquer avec vous pour une nouvelle ronde de chouval bwa au pays des passions qui n’en finissent pas de nous prendre et de nous surprendre ! Voici mon premier cadeau de la nouvelle saison, en forme de conseil : faites du collage ! Entre musique, plume et tutti quanti, la colle a pris dans mes dents*, Franchement, j‘adore ça ! Et je gage que beaucoup d’entre vous aimeraient aussi. Séquence bokantaj…


( Photos Imaniyé – Jean Pilippe Valard)

Mézami, il m’est arrivé un truc inouï, un cadeau somptueux,  une vraie bénédiction : mon amie Geneviève Moures, plasticienne estimée pour son œuvre autour du papier (que je vous invite à découvrir ici et également ici) m’apprend le B.A. BA de l’art du collage ! C’est énorme, c’est  pour un jeune séminariste débutant  être formé directement par le pape. Et ça m’a pris, pour ne plus me lâcher.

Qui aurait pu penser que je sois capable, du jour au lendemain, de peindre avec du papier ? Pas moi en tout cas, mais il y va ainsi de l’art. Ça vous tombe dessus quelque part et soudain, vous comprenez qu’il est important de laisser  libre cours à l’inspiration. D’ailleurs, aux amis qui sont en baisse de forme ou de moral, je recommande toujours de vite se trouver et exercer une activité artistique. Je suis persuadée que ce que l’on ressent lorsqu’on laisse l’art faire ses affaires avec nous, le fait de s’oublier, de ne plus se voir ou se sentir, donner vie à l’extérieur à  quelque chose  qui se fait à l’intérieur… Comment vous dire ? Et bien l’état dans lequel on se retrouve quand on pratique son art, le plaisir que l’on y trouve et que l’on y prend, ça fait du bien partout et c’est très bon pour tout !

Je me soigne comme ça depuis que j’ai rejoint l’atelier  « Sa Sé Yo » de Geneviève qui, après avoir enseigné en milieu scolaire durant des années, se plait aujourd’hui à transmettre, à donner sans compter à tous ceux qui sont désireux de percer les secrets de son art. Cet atelier accueille des groupes d’élèves composés de personnes de tous âges, conditions et milieux, qui une fois par semaine, durant deux heures, viennent bénéficier de sa pédagogie extraordinaire, au point d’être capable de dessiner un portrait fidèle, avec des morceaux de papier.

Au départ, la plupart comme moi même ne sait même pas tenir un crayon, même si certains artistes viennent chez Geneviève ajouter cette nouvelle corde à leur arc. Dans les groupes où tout le monde progresse en même temps, les talents se révèlent, les styles se créent, les gouts et les couleurs de chacun donne à tous une signature et ça personne n’y échappe. Et en tous, à la fin de plusieurs semaines de travail pour donner forme et vie au papier, cette fierté de pouvoir se surpendre : « C’est moi qui  ai fait çà ?! »…

(Photos Imaniyé)

Cela est déjà très étonnant, mais comme je dis à tout le monde, vous aussi, vous pouvez le faire. Il me plait beaucoup d’annoncer ici qu’il est en effet possible à tous de rejoindre l’atelier Saséyo 2010/2011 dont les inscriptions ont lieu en ce moment même pour découvrir comment, cours après cours, avec une patience infinie et un enthousiasme intact, Geneviève Moures fait de ses élèves des artistes dignes d’une exposition. La dernière a eu lieu en aout dernier sur la plage du bourg de Schoelcher. Tous ses élèves avaient un ou deux tableaux à montrer, tous plus beaux les uns que les autres. J’ai présenté une orange et le portrait de maman, portrait au sens propre du terme, dont je vous parlais abondamment ici...

(Photos Jean Philippe Valard)

Il y a donc les cours de collage et puis il y a la pratique et là, tout de même… laissez moi vous donner un aperçu du genre de situation à lequelle cette pratique peut vous conduire… Imaginez que vous vous retrouviez soudain tétanisée par un morceau de papier grand comme la moitié de l’ongle du petit doigt, trouvé dans le tas après des jours de recherche et le voilà, exactement la couleur et l’intensité qu’il faut pour aller là, et donner à l’image tout son sens ! Oui, le voilà et tout ce temps à le chercher s’oublie en un éclair.

On approche alors triomphalement de l’œuvre et on vient pour poser délicatement à sa place le petit bout de papier que l’on vient d’encoller délicatement, sur et déjà heureux du résultat futur ! Et là, patatra !!! le petit bout de papier se détache du doigt et va, de volutes en volutes, se fondre dans la mare de petits papiers qui coule à vos pieds. Elle tombe du mauvais côté bien entendu, et vous n’aviez même pas pris la peine de regarder son envers… Alors vous avez le choix. Soit vous renoncez devant la masse et recommencez à chercher, ou bien vous vous mettez humblement à genoux dans le tas, en priant pour que, papier après papier, vous puissiez retrouver ce bout,  ce foutu petit bout delpapier sans lequel l’œuvre ne saurait plus être parfaite.

Oula, comme j’ai ri de moi-même, comme j’en ai bavé aussi parce que tout à coup, c’était trop gros ici, et pas assez par là. Mais Geneviève passe, toujours rassurante et vous dit comment remettre de l’ordre et de la beauté dans tous ces papiers dans lesquels vous finissez par vous perdre. D’ailleurs quand vous faites du collage, vous ne lisez plus jamais un journal comme avant. Chaque page porte une chance de trouver le papier idéal pour l’œuvre en cours, et vous ne lisez plus les infos, vous cherchez entre les lignes et dans les photos les morceaux qui vont vous donner l’effet souhaité !

Depuis que je suis élève collagiste, je ne jette plus aucun papier. Et mieux, je les collectionne. Et j’ai 1001 œuvres à réaliser en tête quand j’aurai le temps, car il en faut du temps pour transformer un bout de fer à repasser en regard. Les cours vont recommencer au mois d’octobre et je me réjouis de pouvoir regagner l’atelier où je vais retrouver les copines de tous âges et de tous styles dont les œuvres m’éblouissent. J’ai aussi vraiment hâte de rencontrer les nouveaux chanceux qui se seront inscrits à l’atelier qui n’a, hélas, que peu de place à prendre. Parmi eux, des génies qui nous subjugueront probablement lors de la prochaine exposition !

En tout cas, merci Geneviève d’avoir fait en sorte que plus jamais de ma vie, je ne m’ennuie… Et désormais, dès que quelque chose me prend la tête, allez hop, collage. Et j’oublie tout ! Magique…

Rejoignez l’Atelier Saséyo 2010-2011
genevieve
Geneviève Mourès
Ravine Vilaine – Fort de France
Tel. : 0596.79.34.58
(Photo : Muriel Pinceau)

* On dit aux Antilles que « la colle a pris dans les dents » de quelqu’un, lorsqu’il tombe amoureux et se retrouve…collé !

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Laissez moi vous dire… Le chouval bwa

Manège de chevaux de bois qui tournent en rond à la force des poignets, au son d’instruments traditionnels,
flute, tambour bèlè, ou accordéon, comme ici…

Monnaie courante dans les fêtes de commune de mon enfance, les chevaux de bois ont disparu au profit de jeux modernes. Quelques gardiens perpétuent toutefois la tradition.