Gertrude Seinin chante pour Barel Coppet : Emue malgré moi !

Des frissons malgré tout

Mon amie Gertrude Seinin m’a fait un sacré coeur lors de son hommage à Barel Coppet au stade de Dillon, où elle a réussi à m’émouvoir sur une chanson en hommage à Marie, un morceau de moi auquel je ne crois plus ! Et ben…

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Barel Coppet repose désormais dans le cimetière où un orchestre de Clarinettistes hommes et femmes, jeunes et vieux, l’a accompagné,  au son de ses compositions, tout au long du chemin. Auparavant l’illustre ainé a reçu a reçu un hommage unanime et, par la force de choses, celui de Gertrude Seinin. Deux hasards vont éclairer l’histoire.

Tout d’abord Gertrude  était en train de préparer une prestation en duo avec Barrel Coppet, avec qui elle devait se produire dans le cadre du festival de la Harpe, prévu quelques jours plus tard. Elle était donc en train de mettre au point les répétitions quand la nouvelle nous surpris .

Autre hasard de l’histoire : c’est une de mes compositions qu’elle choisit d’interpréter au lieu de l’Ave Maria de Gounod qu’on lui demande. Il lui a semblé en effet plus  naturel de rendre un hommage local à Marie, dans le plus pur style de cette tradition que Barel a défendue et enrichie sa vie durant. Elle choisit donc d’interpréter « Ouvè dé bra’w manman », (ouvre tes bras, maman) -tu imagines ?- une biguine en créole que j’ai composée pour elle, et qu’elle a enregistrée sur l’un de ses « Créoles spiritual » il y a quelques années.

Alors par exemple, voila une chanson que je n’aurai ja-mais pu écrite de nos jours, pour la bonne et simple raison que je ne crois plus en ce qu’elle dit. Et bien malgré ça, l’autre soir au stade de Dillon, quand Gertrude s’est mise à chanter à capella, à sa manière, de ce qui était à l’origine une biguine, elle fit le blues le plus déchirant… Toute surprendue comme dirait mes sœurs, je n’ai pu m’empêcher de ressentir une profonde émotion, non aidée en cela par Régine, qui se mit carrément à pleurer, elle ! Wacha…

Ben oui, tout en ne croyant plus, mais alors plus de tout en la légende la vierge Marie, comme je vous le confiais l’autre jour dans ces pages, cette chanson écrite quand j’y croyais, qui magnifie son courage, sa foi, son abnégation, cette chanson donc m’eut laissée indifférente, si ce n’était l’interprétation magistrale de Gertrude Seinin. Elle eut ce soir la cette voix qui est ce qu’elle dit, qui le vit, qui y croit, et qui défend ce qu’elle chante de toute son âme. Et à l’arrivée, ça vous crève le cœur.

Quel émoi, quelles émotions peut susciter une voix !… Nos artistes ont vraiment charge d’âme. Quelle responsabilité, manman !!!