Jeudi 21 août : Jolie légende Amérindienne pour réfractaires au Changement. Yémistikrik !

LA LEÇON DE L’AIGLE

Changer ou mourir. A 40 ans, l’aigle doit choisir… Nous, c’est bien souvent que la vie nous commande de changer. Quand cela se produit et que nous avons du mal à choisir, comment réagir ? L’aigle lui ne se pose pas toutes ces questions. Laissez moi vous raconter comment la Sagesse amérindienne s’est servie de son comportement pour nous donner une leçon et nous offrir une réponse…

Maind’aigle
Prendre sa vie en main, comme l’aigle… (D.R.)

Mesésédam, bien bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose une visite interactive, car j’ai vraiment besoin de vous pour bien raconter cette histoire. Alors quand je vous dis : – KRIK, vous devez répondre : KRAK ! et tout ce qui est en italliques. Krik ?
– Krak !
– Yékrik !
– Yékrak !
– La cour dort ? (La Cour, c’est vous, c’est toi…)
– Non la Cour ne dort pas !…
– Mesésédam, C’est Irakama qui m’a rapporté cette histoire. Elle la tient de la mère de sa mère, qui elle-même rapportait les propos de la mère de sa mère, laquelle ne savait plus d’où ni comment elle la connaissait. Krik !
– Krak !
– Yé mistikri ?
– Yé mistikrak !

– De tous les oiseaux qui habitent le ciel, l’aigle est celui qui vit le plus vieux. Jusqu’à 70 ans, c’est quand même pas mal pour un oiseau. Krik !
– Krak !
– Mais s’il règne dans les cieux plus longtemps que ceux de son espèce, il a aussi plus temps pour faire des choix dans sa vie. C’est ainsi que, à l’âge de 40 ans, l’aigle a une décision très difficile à prendre, Yé mistikrik !
– Yémistikrak !

– En fait, mésésédam, arrivé à cet âge fort avancé pour un ailé, l’aigle a trois gros problèmes.
1) son bec, devenu au fil du temps trop courbé ;
2) – Ses serres sont devenues trop flexibles et ne peuvent plus saisir ses proies ;
3) Son vol, mesésédam, son vol, autant dire l’élément indispensable à sa vie d’aigle, devient de plus en plus difficile. Ses ailes majestueuses qui forcent l’admiration lorsqu’elles sont déployées dans le ciel, deviennent trop lourdes au bout d’un certain temps, car épaissies par les vieilles plumes, qui ne peuvent empêcher les nouvelles de pousser…
Ah oui, en vérité mesésédam, à 40 ans, Compère aigle a de gros problèmes, dé ! Krik !
– Krak !

– Alors dans cette situation, mon compère n’a qu’une seule alternative : soit il meurt parce qu’il ne peut plus voler ni se nourrir, soit il entame un changement radical dans sa vie, et il change. Et s’il choisit cette option, c’est qu’il accepte de vivre 150 jours, mésésédam, soit 5 longs mois de souffrances et de sacrifices ! Yé mistikri ?
– Yé mistikrak !
– Est-ce que la Cour dort ?
– Non, la court ne dort pas…

– Donc mon Compère Aigle à présent, que décide-t-il ? Alors lui, il n’y va pas par quatre chemins. Un jour, il vole en haut de la montagne où il a fait son nid. Et il va traiter radicalement ses problèmes, en commençant par son bec.
Et le voilà qui se met à le frotter et à le frapper contre la roche dure, jusqu’à ce que son bec soit complètement érodé. Pak ! pak ! pak ! pak ! Un jour, à force, il n’a plus de bec. Alors là, il se met à attendre la repousse d’une corne nouvelle, bien dure, en forme de bec bien afûté. Krik !
– Krak !

– Ensuite, l’aigle va s’attaquer à ses serres inutiles, les user et les arracher, jusqu’à en être débarassé. La nature fait alors son travail et, selon un processus permanent, de nouvelles serres lui repoussent. Et alors là, l’aigle sait sans doute qu’il n’est pas au bout de sa peine, car il lui reste encore un temps douloureux à vivre, avant de… recommencer sa vie. Il lui faut à présent se plumer, poil par poil, pour que des plumes toutes neuves et toutes souples, repoussent elles aussi, comme les serres, comme le bec. Krik !
– Krak !

– La douloureuse métamorphose de l’aigle dure 5 mois. Seuls ceux qui ont tenté de s’arracher les ongles, de s’épiler à vif ou de se casser le bec soupçonneront ce qu’il lui faut souffrir afin de reprendre, un jour de gloire assurément, son vol magnifique qui célèbrera sa renaissance.. Compère aigle peut être content de lui. Le voila reparti pour 30 nouvelles années de vie d’aigle ! C’est ainsi mésésédam que fait l’aigle qui veut vivre, et, à ma connaissance, aucun aigle ne s’est jamais laissé mourir en renonçant à ce choix ou faisant le mauvais choix. Yé mistikri !
– Yé mistikrak !

– Alors quand c’est notre tour de faire le choix de changer, nous devons nous défaire de nos habitudes, de nos souvenirs, de nos coutumes… Je sais, je sais, c’est pas facile… Mais c’est seulement libéré des fardaux inutiles que nous pouvons vraiment profiter de la vie au présent et au futur. Telle la leçon de l’aigle. Krik !
– Krak !
– C’est pris fin.