Kassav au Stade de France, suite : Ceci dit, rien à dire !

Ceci dit, mésézédam, c’était grandiose !

Si je n’ai pas compris le choix de la musique finale du show de Kassav, je me réjouis du plus profond du cœur de l’hommage que le public lui a rendu. Et mon cœur déborde de gratitude pour tant de talents mêlés…

Il est vrai que le choix de la musique classique pour terminer le show m’a frappé, comme je le raconte ici. Maintenant que le papier qui a jailli de ma plume interloquée est en ligne, je me dis « mince, attend, y’a pas que ça ! », alors qu’il y a tant de belles choses à voir et à dire sur ce qui s’est passé samedi soir, entre Kassav et son public !

Je n’ai pas vu le show et j’attends avec impatience les vidéos. Mais ce que j’ai vu et ressenti m’est précieux.

J’ai vu que le show de Kassav, loin de se limiter à cette fausse note à mon gout, fut le résultat d’un travail sans aucun doute colossal à tous les niveaux, et le théâtre de l’explosion du génie. Pour son anniversaire, le groupe a vu grand, en s’offrant Le stade de France, 80.000 places.… ! Kassav ne s’est privé de rien, et Kassav a eu raison lorsque la reconnaissance de son public est si manifeste.

J’ai vu la clairvoyance d’un Pierre Edouard Décimus , le père fondateur qui donna à kassav son nom. C’était il y a 30 ans. En voyant le chemin parcouru, on ne peut que s’incliner devant de tels visionnaires.

J’ai revu la fougue et la folie d’un Georges Debs, producteur du miraculeux « zouk la sé sel médikaman nou ni », le tube qui allait propulser Kassav d’un studio parisien aux plus grands scènes du monde. Jojo, comme on l’appelait, n’a pas su gérer le succès qu’il a généré, puisqu’il fut le premier à donner à Kassav les moyens de réaliser le disque d’or que l’on sait,  Jojo n’était pas un financier, il était une sorte d’artiste qui produisait ses coups de cœur. Il a vibré avant tout le monde pour Kassav, pour qu’aujourd’hui vibre cette foule immense au Stade de France, après que le zouk ait « inondé le monde entier » comme le chante Patrick St Eloi, le charismatique chanteur qui a quitté le groupe, grand absent

J’ai vu aussi et surtout comme peut être belle la musique, quand des talents ainsi épatants se rencontrent. Même s’ils ont invité des dizaines d’amis sur la scène avec eux, j’ai vu ces amis là prendre leur pied et donner un plaisir immense sur la base de leur création, de leur pensée, de leur rêve réalisé. Et ça, fiche que c’est bon messieurs, fiche que je suis contente pour eux de les voir bénéficier de leur vivant, d’un tel amour ! C’est ça qui nourrit l’âme d’un artiste.

Et tous nos amis et tous ceux qui ne sont pas sur la photo, comme Jean Claude Vamur par exemple (le batteur, quand on connait le pouvoir de la batterie dans la musique de Kassav), méritent amplement ces élans du coeur qui vont les maintenir cloués au ciel, assis béâts sur un petit nuage pendant longtemps, j’espère…

Oui, le show Kassav m’a dit beaucoup d’autres choses que la seule chose dont j’avais à redire.
Voila qui est dit !