Le Festival Mondial des Arts Nègres enflamme la Martinique !

Tout le monde veut y être…

Le Festival mondial des Arts Nègres est annoncé pour décembre et, en Martinique les artistes ne parlent plus que de cela ! Il y a ceux qui sont dessus depuis qu’il a été officiellement présenté par les organisateurs en 2007 et il y a ceux qui se réveillent et qui veulent absolument y être… Ceux qui veulent faire partie des délégations officielles et ceux qui sont prêts à y aller a leurs frais, pour peu que le Sénégal puisse les accueillir. Bref, personne ne veut rater ça !

[Not a valid template]Gertrude Seinin, Ambassadrice de Bonne Volonté du Fesman 2009

Gertrude Seinin, grande dame de la chanson traditionnelle, Ambassadrice de bonne volonté pour la Martinique, ne sait plus où donner de la tête. Nous l’avons rencontrée pour qu’elle témoigne du bel engouement pour cet évènement que la Martinique attend de vivre en terre ancestrale à travers la participation si ardemment  souhaitée  de ses artistes…

Comment es tu devenue ambassadrice de bonne volonté du Fesman pour la Martinique ?

Gertrude Seinin : Cela fait bientôt trois ans que j’ai fait la connaissance du conseiller juridique du Président de la République du Sénégal, venu pour honorer notre cher Aimé Césaire. Nous avons parlé et j’ai manifesté mon envie de connaître le Sénégal. Je lui ai remis en cadeau un disque pour qu’il connaisse mon travail, tout naturellement. Quelques temps après, je reçois une lettre du Président me disant qu’il a entendu mon disque et qu’il m’invite à venir au Sénégal interpréter  « L’hymne de la renaissance africaine » qu’il a composé. Evidemment, j’ai accepté cet honneur et je me suis donc retrouvée interprétant cet hymne, avec l’orchestre national, dans une cérémonie où cette interprétation a reçu un admirable accueil du public. Durant ce séjour, j’ai reçu la proposition de la part du Ministère de la Culture, de devenir Ambassadrice de bonne volonté du Fesman alors en préparation. Après m’être renseignée sur mon rôle, j’ai accepté cette mission qui m’honorait et il m’a été remis un diplôme qui  symbolisait l’engagement que j’ai pris vis-à-vis du Fesman, à partir de ce moment là.

Quel est le rôle dévolu aux Ambassadeurs de bonne volonté, qu’attendait-on de vous ?

En tant qu’artiste, les personnes qui ont une rencontre assez fréquente avec le grand public sont invitées à mettre un peu de leur notoriété au service de la promotion, de la popularisation du festival. Ainsi, je parle du festival à chacun de mes spectacles, je parle des éditions précédentes et je fais ressortir tout l’intérêt qu’il y a pour nous, martiniquais, d’être présents à ce grand rendez-vous. Je le fais aussi dans mes spectacles hors de la Martinique, partout où l’information peut toucher le public. D’autre part, bien que ce ne soit pas mon rôle, je ne manque pas, chaque fois que cela est possible, de faciliter la relation entre l’organisation et le milieu martiniquais, la transmission de certains documents et dossiers, pour faire preuve de cette bonne volonté, car la bonne volonté peut aller loin. Je le fais parce que je trouve ça beau, je trouve ça bien et cela me fait plaisir d’honorer ainsi ma mission en y mettant tout mon cœur.

Comment l’idée du fesman a-t-elle été accueillie par le public et par les artistes martiniquais ?

La Martinique a été le pays où a eu lieu la manifestation de lancement du Festival. Cela s’est passé au Grand Carbet du parc Floral et à l’Atrium de Fort de France, où j’ai acccompagné une grande délégation sénégalaise venue en Martinique pour saluer Aimé Césaire et lancer le festival. Il y a eu des manifestations extraordinaires qui ont beaucoup plu au public, des expositions, des manifestations de musique et de danses qui ont ébloui les martiniquais ! Cela été une grande rencontre. C’était en 2007. Nous avons accompagné cela de rencontres avec le public et d’émissions de télévision pour sensibiliser les gens à cette initiative. Dès ce moment là, les martiniquais ont adhéré à l’idée et ont suivi l’évolution des choses jusqu’à aujourd’hui. Depuis, j’ai continué à en parler, d’autres personnes aussi, nous avons invité les gens à aller sur le site du festival qui s’est amélioré pour y glaner les informations nécessaires. Je crois que le Martiniquais a été mobilisé bien qu’il n’y ait pas eu d’autres manifestations spécifiques en liaison avec le Sénégal depuis.

Prévu du 1er au 14 décembre prochains, les choses se précisent et actuellement, vous croulez sous les demandes des artistes qui veulent y être…

Peut-être certaines personnes n’ont pas bien suivi depuis ces deux dernières années, puisque le festival a été reporté à plusieurs reprises, c’est vrai que pour le moment, nous assistons à un véritable engouement des artistes pour le festival. La date arrive et la nouvelle s’affirme. Les gens sont motivés, ils ont envie de connaître l’Afrique à cette occasion, et les groupes se forment, les initiatives se déploient dans beaucoup de directions pour répondre présents à l’appel du Fesman.

Je travaille en collaboration avec « Les amis du Sénégal », une association de Sénégalais qui font la promotion du Sénégal en Martinique. Nous nous réunissons régulièrement, et nous continuons de travailler pour être présents le jour J. Je me fais également aider par l’OMDAC, une association gérée par Yv Mari-Séraline qui œuvre à la promotion des arts et de la culture de la Martinique.

Certains se trompent sur mon rôle car en tant qu’ambassadrice de bonne volonté, je n’ai pas de pouvoir de choisir les participants. Ce sont les organisateurs qui vont le faire parmi toutes les demandes semble-t il fort nombreuses, qu’ils reçoivent et recevront des Martiniquais. Mon rôle était un rôle de promotion et de mobilisation autour du prochain festival, et d’après ce que je vois et le grand intérêt manifesté, il me semble que c’est assez réussi. Je suis très fatiguée, car cela demande beaucoup de travail, de communication, de diplomatie. Mais je suis aussi fière et heureuse d’honorer la confiance qui a été placée en moi lorsque l’on m’a proposé cette mission.

En tant qu’artiste, qu’attends tu et que penses tu que les artistes martiniquais attendent de ce festival ?

A partir du moment où Aimé Césaire avait accepté d’être le parrain du Fesman, le mot était donné, et même s’il n’est plus là, il nous a donné une direction, nous a appelé à le suivre. Cela a créé une émulation et on a réalisé qu’il se passe quelque chose de fort qu’il ne faut pas rater. C’est tant mieux que cela puisse se faire, car nos artistes ont des choses à montrer, ils savent que c’est sur le thème de la Renaissance Africaine, ils travaillent sur ce thème, préparent des œuvres et ils ont envie de montrer à travers leurs arts qu’ils ont été aussi des résistants. Il y a dans leur âme le désir de montrer que l’on a souffert, mais que l’on peut faire. Et c’est ce « peut faire » qui se manifeste, qui est là, qui va exploser, participer aux concours et nous allons voir ce que ca va donner.

Je crois que nos dossiers suivent leur cours, d’autres sont en préparation, d’autres encore sont en train de naître et cela nous autorise à croire que nous sommes sur la bonne voie et prêts à être de la fête !

Moins de 4.000 Kms séparent Fort de France de Dakar qui pourrait être atteint en moins de 4 heures de vol. Il en faudra 16 aux Martiniquais et presque deux jours pour parcourir 15.000 km en passant par la France car il semble impossible, pour des raisons qui nous échappent complètement d’organiser un vol direct, à l’occasion du Fesman, pas même un charter. Air France ou Corsair font régulièrement la navette dans un sens comme dans l’autre, et il pourrait sembler évident et facile de faire une liaison directe Antilles/Afrique. Mais il parait que cela reviendrait plus cher de faire leurs avion franchir les 4.000 kms direct que les 15.000 plus escale à durée variable à Paris…

Le président du Sénégal vous aurait proposé parait-il de mettre son avion à disposition de la Martinique pour faire un vol direct ?

Lors du dernier bilan des ambassadeurs de bonne volonté à Dakar, le président a rassemblé les représentants de la Diaspora pour tenter de connaître leur ressenti, leurs désirs, et leurs difficultés dans leur mission. Lorsque j’ai été interrogée, j’ai eu deux choses à demander. D’abord le jumelage des deux aéroports Aimé Césaire de Fort de France et Léopold Sedar Senghor de Dakar. Je crois que c’est un symbole fort, qu’on a besoin de réunir ces deux hommes. Ces deux aéroports jumelés apporteraient vraiment quelque chose d’important à la rencontre et à l’échange. Les formalités officielles ne sont pas encore remplies en Martinique sur la nomination de l’aéroport, mais dès que cela sera fait, on pourra sans doute envisager le jumelage.

La deuxième chose était de pouvoir faire un vol direct, Fort de France/Dakar. J’ai souhaité pouvoir organiser un vol direct avec l’Afrique, pour « briser la triangulaire » peut-on dire. Nous ne sommes qu’à 4 000 Kms de Dakar et nous pourrions y être en 4 heures seulement. Malheureusement, il semblerait que ce soit très compliqué… C’est dommage, car le voyage est long, pénible et fatiguant en passant par Paris, où il faut faire 14.000 kms et une escale plus ou moins longue avant d’arriver au Sénégal. C’est un problème. Je disais au Président combien ce n’est pas facile. A ce moment là, le Président, très spontanément m’a dit qu’il allait, dans ces conditions, mettre son avion à disposition pour faire ce vol Dakar/Fort-de-France/Dakar et tout le monde, moi la première, avons applaudi à cette proposition qui, si elle se réalise comme nous le souhaitons tous, et moi j’y crois, serait formidable dans ce Retour, cette reconnexion nécessaire auxquels le Fesman contribue aussi à sa manière !

Propos recueillis par Imaniyé

Plus d’infos

Le site officiel de Gertrude seinin : www.gertrudeseinin.com

Le site officiel du Fesman : www.fesman2009.com

36 comments on “Le Festival Mondial des Arts Nègres enflamme la Martinique !”

  1. CADIGNAN-DISER Jeanne dit :

    Bonjour

    J’ai découvert l’existence de ce festival par l’annonce de la réunion à l’Atrium le 24 juin 2009.
    En cherchant des informations, j’ai eu accès à votre site et vous félicite pour la promotion du FESMAN 2009. Ce serait l’occasion pour moi de découvrir le Sénégal.
    Aussi, je suis intéressée par le vol direct Fort-de-France/Dakar pour y participer.
    Merci de me tenir informée de l’évolution de cette perspective.

    Jeanne CADIGNAN-DISER
    20 juin 2009

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