Le roman de la Caravane du Retour/chapitre 1 : Toi Adam, moi Eve…

Coucou les filles ! La voila mon histoire d’amour, enfin son début…
Coucou les garçons ! Ça vous regarde aussi, puisqu’il n’y a pas d’Eve sans Adam.

Adam et Eve
(D.R.)

Adam et Eve ! Je me demande vraiment comment j’ai pu, durant tout ce temps, croire en cette histoire ! Quelque chose m’a toujours turlupiné et m’empêchait de perdre mon esprit critique qui fait qu’Il y a des mystères que je n’ai jamais voulu accepter de croire même si je les voyais écrits dans la bible. Il y a dans ce livre des massacres, des injustices, des crimes, des atrocités qui ne peuvent pas être le fait du même Dieu dont on nous affirme par ailleurs qu’il n’est qu’Amour et Compassion…

J’ai longuement étudié l’histoire de la bible et de la religion catholique, du jour où le doute s’est insinué en moi, jusqu’au jour de la libération spirituelle, et n’en n’est ressortie vraie que ma soif de connaître et de vivre encore plus… La Divinité ! C’est donc une Imaniyé passionnément… spirituelle qui vous parle.

Une Imaniyé qui, à l’époque où commence cette histoire, croit une bonne partie de la bible, surtout la partie Jésus dont l’enseignement me séduit complètement. Quel homme ! Quel personnage ! Quel héros extraordinaire ! Quelle influence sur les esprits, qu’auront et ont encore toutes ces merveilleuses paroles qui, des années durant ont bercé ma conscience, et guidé mes actes, dans une confiance totale dans l’existence de celui qui donna sa vie pour nous sauver ! Ah Jésus, qu’est-ce-que je l’ai aimé celui là… J’ai composé une chanson pour lui spécialement, une chanson ma-gni-fi-que, que j’adore et dont je dois changer hélas les paroles, parce que je ne crois plus en ce christ inventé de toutes pièces, selon mes recherches, et qui me piège avec sa philosophie de l’amour.

 

Horus entre Isis et Osiris
Représenté ici entre son père, Osiris et sa mère Isis, Horus est le dieu
du Panthéon Egyptien qui vraisemblablement a servi de modèle à Jésus (DR)

Jésus… Vous savez ce que j’ai fait, tellement j’appréciais son enseignement ? D’abord j’ai accepté de croire qu’il fut né d’une vierge, j’ai accepté de croire qu’il faisait des miracles, j’ai accepté de croire qu’il se leva d’entre les morts pour monter au ciel le troisième jour… Tellement ce qu’il incarnait et surtout pour moi, ce qu’il disait, était bien ! Un jour, j’ai relevé dans l’évangile de Mathieu, mon évangéliste préféré à l’époque, toutes les paroles et rien que les paroles de Jésus. Sortis de leur contexte, juste un bouquet de sentences, des pensées, des conseils, des proverbes, des contes, des promesses qui ne pouvaient, selon moi, qu’être tenues.

Pour faire court, j’ai, à la suite d’études sérieuses et objectives menées en grande partie grâce à internet, réalisé que l’histoire de Jésus n’est qu’un mythe, inspiré de la vie d’autres personnages et surtout du dieu égyptien Horus. Je n’en dirai pas plus ici, il y a suffisamment d’informations, de documents, d’éléments qui permettent de comprendre sur le net. En un sens, il aurait raison le plus influent personnage de la bible, de dire « Cherchez et vous trouverez ».

Isismarie
La Madone : Un mythe qui remonte à l’Égypte ? A creuser…

Voila pourquoi aujourd’hui, avoir pu croire en l’histoire d’Adam et Eve me parait vraiment stupéfiante. Mais bon… Ce n’est pas pour ça que je veux vous parler d’Eve aujourd’hui… Suivez moi plutôt jusqu’à un certain souvenir… Je ferme les yeux. Je revois ce petit chemin étroit où j’allais, par une nuit étoilée, croiser mon destin…

Au départ de toute cette histoire, une belle amitié qui me lie à une fille formidable, la chanteuse Celia. Il y a des chances que vous connaissiez sa voix à défaut de la connaître physiquement, car elle est l’interprète remarquable de « Bluesette », le standard de Toots Thielemans. C’est également à Célia qu’appartient la voix féminine du célèbre groupe disco « Ottawan », celui de « C ok, c bat, c in… » et de « D.I.S.C.O » entre autres tubes des années 80. Celia, originaire de la Martinique, a débuté sa carrière aux côtés de Julien Clerc dans « Hair ». Elle a subjugué Serge Gainsbourg qui lui a donné son nom de scène, Célia (Je ne sais même pas comment ses parents l’ont appellée…). Elle a également a son actif d’avoir cassé une guitare sur la tête de Gérard Lenormand, je crois, qu’elle aurait surprit en train de tenir des propos jugés par elle racistes.

Célia n’était pas très connue aux Antilles, mais c’était une artiste confirmée et recherchée en Europe où elle tournait, et je l’ai rencontrée au cours de reportages que j’eus à réaliser sur elle, en Martinique et à Paris. Depuis la première fois que nous nous sommes vues, quelque chose de très fort et de très sincère est né entre nous. Quelque chose d’unique qui dure encore aujourd’hui, après que nous ayons traversé et vaincu l’une des épreuves les plus terribles qu’il soit donné à une femme amoureuse de connaître. Mais nous n’en sommes pas là… Pour l’instant, j’adore Célia, je ne la vois pas souvent, mais chaque fois que je l’on se rencontre, c’est toujours avec le même plaisir.

En décembre 1996, ne voila-t-il pas que nous sommes toutes les deux invitées à chanter au Festival de Pointe à Pitre. Une organisation impeccable de Freddy Marshall qui nous offrait en prime de passer une semaine dans un chouette hôtel, avant le grand concert avec que des artistes qu’on aimait bien. Nous nous côtoyons naturellement à l’hôtel où mon amie Célia me présente son époux, Seku Mâga. Ils sont mariés depuis des années et ont l’air parfaitement heureux. Ce genre de truc n’échappe pas à une femme comme moi qui sait détecter les vrais gestes d’affection dans un couple. Ces deux là s’aimaient, et c’était un plaisir de les voir, ils allaient bien ensemble, elle petite et fière, lui grand et doux, et tous deux incroyablement intéressants d’après les longues discussions que nous ne manquèrent pas d’avoir.

Cet homme me plut et il me vint à l’esprit que c’est un homme comme celui la que je voulais. D’abord, il était beau. Impossible qu’il arrive quelque part sans que les regards se tournent automatiquement vers lui. J’ai pu le vérifier largement. J’y peux rien, c’est ainsi. Il a une allure extraordinaire, sait s’habiller, lui qui ne porte que des tenues africaines. J’ai toujours eu un faible pour les hommes en tenues africaines. Allez savoir pourquoi ! Mais lui alors, qu’est-ce-que ca lui allait bien ! oulala… En plus sa coiffe, une vraie couronne que ces locks qui allaient me déterminer à laisser pousser les miennes, tellement j’ai trouvé ça joli…

De plus, il était spirituel… Tout ce qu’il disait de la bible était si documenté et si précis, qu’il devait avoir grandi la dedans. De fait, j’apprendrai plus tard qu’il a décidé de chercher Dieu à l’âge de 14 ans et n’en n’a plus jamais démordu. Au moment où je l’ai rencontré en Guadeloupe, il n’était ni chrétien, ni protestant, mais il croyait que le Jésus dont parlait la bible était Noir et qu’on lui avait aussi volé son patrimoine spirituel. Tout ça servi avec une érudition, une sémantique, un charisme étonnants. J’en appris des choses en deux temps trois mouvements !

Et pour compléter la batterie de ses talents (qui allait me révéler encore bien des surprises), je découvre son esprit. j’écoute parler ce type et je me dis « Mon dieu, mais il est fou ! ». Mais en même temps, je me dis, et je dis à mon amie-soeur Olympe (encore un phénomène qu’il faut que je vous présente un jour, une femme hors du commun !) qui m’accompagne, « Tu vois, mon idéal existe, le voila juste là en face de moi. Et il est au bras d’une autre. Et il est au bras de Célia. Tu me vois faisant ça à Célia ? franchement… ». Un jour, pourtant, je n’y tins plus. J’étais tellement charmée, et je savais Célia si intelligente, que j’allai un soir murmurer à son oreille :
– « Il est vraiment génial ton mari. Tu ne veux pas me le prêter ? »
– Non, non non, fit-elle de la tête et je n’insistai absolument pas, trop heureuse d’avoir soulagé mon âme, et trop soucieuse de conserver cette amie qui me permettait de lui faire un tel aveu sans se fâcher avec moi !

 

Baiser voilé
La lune brille dans le ciel, toutes les étoiles du monde sont là…
(Phil Godin, Voile au baiser, DR)

Je me mis à penser que Dieu me testait peut être, pour me soumettre ainsi à une telle tentation ! Vous savez ce genre de raison que l’on se donne pour accepter les surprises parfois si ironiques de la vie… Et je décidai d’être bien sage, au cas où… On ne sait jamais. Alors je pris ma résolution et jetai bien gentiment mon rêve et mes désirs dans la poubelle. C’est donc vraiment en toute amitié que nous passâmes cette semaine, et il ne s’est jamais rien passé entre nous dont nous ayons à rougir. Enfin presque… Et même oui, pour être tout à fait franche, il s’est tout de même passé quelque chose qui tient en un mot, et qui allait être déterminant pour la suite.

Ce soir là, je dois chanter dans un hôtel de Saint François. Je me suis fait belle pour mon public, moulée dans cette robe d’hôtesse toute en biais de madras que maman avait créée et qui donne véritablement à toute femme une allure royale… Je me vis et me sentis belle en mon miroir, et ainsi, me rendis au bar où m’attendait le chauffeur venu me chercher.

Je sors de l’ascenseur. Suivez moi… Je tourne à droite pour emprunter le tout petit chemin menant au bar. Il va en ondulant entre des massifs fleuris, tout en lumières, dans un petit jardin parfaitement conçu. Vous êtes toujours la, han ? Moi, j’avance à pas mesurés, obligée d’onduler aussi car la robe est un peu resserrée aux genoux, ce qui augmente l’effet de balancier du volant froufroutant du bas. Choua, choua, chouaaa… la dentelle qui le borde balaye légèrement le sol et le gazon étouffe parfois le cliquetis des talons évidemment hauts qui me portent et m’emportent sur les dalles du petit chemin…

Messieurs et dames, la lune brille dans le ciel, toutes les étoiles du monde sont là et voient comme moi apparaître brusquement cet homme là auquel je ne dois pas penser, au bout de ce petit chemin, parfaitement éclairé, parfaitement désert. Nous sommes seuls au monde, rien que lui venant vers moi, moi ondulant vers lui, lui dans son somptueux boubou, avec ce casque de locks qui lui donnent un air d’ange et de guerrier en même temps, (wouailllleeee), cette taille qui m’en impose d’une bonne tête, Oh mon dieu, qu’il est beau ! Je me contrôle bien sur, il n’est pas question pour moi de m’arrêter pour le lui dire, ni de le lui faire comprendre. Non, moi, je ne peux rien faire d’autre que d’avancer, pas à pas, au devant de ma destinée, sous les acclamations des oiseaux qui piaffaient à tue-tête…
Bon, ok, les oiseaux, je suis pas sure… Mais je pense qu’ils devaient être là, sinon d’où viendrait la musique qui m’est restée en tête ?

Peu importe, ce qui compte pour le moment, c’est que j’avance donc vers l’homme et notre regard, inévitable, se prolonge. On marche l’un vers l’autre et, pour la première fois peut-être, nous nous rencontrons vraiment. Et j’arrive à sa hauteur. Et nos regards n’ont plus la place pour se garder, nous tournons la tête l’un vers l’autre autant que possible. Puis cela devient impossible. Je baisse la tête, que d’émotion ! Hou ! C’est le mari de Célia. Et lui, au moment où ma tête se détourne, lance ce mot qui va sceller mon destin :
– Eve !
Un mot, mésésédam, un seul car je ne trouvai rien à redire. Je continuai mon chemin comme si je n’avais pas entendu, mais s’il s’est retourné, il a du me voir défaillir. Un mot, Eve, et me voila the femme, la première, l’originelle, celle que je croyais être tout ça, avant de découvrir que tout ça était inventé, je veux dire l’histoire d’Adam et Eve qui nous donne sa version en cinémascope de la création du monde et des hommes.

Soit ! Mais, dans ma méprise, je venais de reconnaître le descendant direct d’Adam. Et c’était fini pour moi, bien que je ne le sache pas encore… J’étais au contraire, sur le moment et vu l’effet plus que bouleversifiant que cette rencontre avait eu sur moi, plus déterminée que jamais à bouter cet individu hautement inflammable hors de ma vie. Tout en sachant que je chérirai toujours cette anecdote. Qu’est ce qu’un homme peut dire à une femme de plus radical que ça ?
Oula, il me fallait oublier tout ça bien sur, et très vite d’après moi. Han…
Ay kwè sa !

A suivre vendredi prochain…
Comme vous le voyez, le Roman de la Caravane du Retour, commence par une histoire d’amour impossible… Je vous dirai comment j’ai craqué et croqué la pomme (qui était un fruit à pain accompagné d’avocat), comment je me suis mariée à Seku Mâga dans le lit de la rivière, et comment Célia et moi avons tout de même réussi à sauver notre amitié, malgré nos souffrances.

2 comments on “Le roman de la Caravane du Retour/chapitre 1 : Toi Adam, moi Eve…”

  1. Ilianna dit :

    Je pense tout simplement que le Christianisme est un mélange de mythe Grecs, Egyptiens et de nombreux autres civilisations. On a retrouvé des points communs entre différents textes religieux, légendes etc… La Bible a été maintes fois réécrite (parfois au profit de certaines personnes), par exemple le mot « Hell » signifiant l’Enfer » vient tout simplement du scandinave « Hel » qui, dans le mythe de l’origine du monde, est le lieu en bas de « l’arbre » où les mauvaises personnes résident… Même la hiérachisation du monde chrétien est similaire à celui du mythe scandinave : En haut les Dieux, au milieu les êtres humains et en bas les mauvais !
    A méditer…

  2. Eric dit :

    inventé l’histoire de Christ équivaut a etre plus illuminé que les paroles de cet Etre or je ne connais aucun homme qui est une sagesse aussi profonde d’ou je conclu que le Christ a bel et bien existé.Seul le mensonge disparait avec le temps mais la verité reste toujours et regarde autour de toi comment Christ a influencé le monde jusqu’a present. Avant de partir je tiens a te signifier qu’ il ya quelque chose que tu ne sais pas sur lui et si tu le savais je pense que tu aurais changé ta vision sur Christ de maniere definitive.

    Si tu veux en parler ecrit moi sur:

    wyseblack@yahoo.fr

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