Le Sénégal qui bosse, qui bosse, qui bosse…

Travailler, à tout prix !

S’il y a quelque chose qui m’agaçait quand je suis arrivée ici, c’est bien les marchands ambulants. Aujourd’hui, je les respecte et les admire…

Vendeur ambulant sénégalais
Faire ses courses pendant les embouteillages : le bon côté des choses

Parce que s’il y a des gens dans ce pays qui travaillent, c’est bien ces dizaines milliers de jeunes qui, toute la journée et jusque tard dans la nuit, arpentent les artères, les avenues, les rues, les autoroutes, respirant les émanations toxiques des pots d’échappement à la recherche de leur dépense quotidienne, la DQ comme on dit ici.

Ils proposent de tout : des cartes de téléphone, des journaux, des miroirs, des appareils ménagers, des piles, des affaires de toilette, de cuisine, de ménage, du linge, des outils, des cahiers, des valises, des ventilateurs, des jouets, des éponges, des fruits, des conserves… Tout ce qui se vend dans les commerces se retrouve dans la rue, dans les mains de ces braves gars qui suent sang et eau pour gagner quelques centimes d’euros sur chaque produit vendu.

Des fois, ils courent longtemps derrière une voiture pour rendre la monnaie. Et je suis ulcérée de voir ces nantis qui accélèrent, les obligeant à faire un kilomètre de course effrénée, sans pitié pour eux. Au début, je ne savais pas trop comment m’y prendre pour leur faire comprendre que je n’avais pas besoin de ce qu’ils voulaient à tout prix me vendre. Et puis un ami m’a donné la clé, la formule magique qui, aidée du sourire que je m’applique à leur donner car ils le méritent, me permet de retrouver la tranquillité de ma marche : Be bènen nion, « une autre fois »… A ces mots, ils n’insistent plus et vous rendent systématiquement votre sourire, en vous souhaitant toute la bénédiction d’Allah…

Oui, je suis complètement admirative de cette énergie, de cette volonté de ne pas sombrer dans la facilité et la délinquance. Oui, je les aime, ces jeunes Sénégalais qui courent, courent, courent tout le temps, tous les jours, sous le chaud soleil, pour vivre. Et quand je le peux, j’achète. Si vous saviez le nombre de choses inutiles que j’ai à la maison ! Dommage que je ne puisse acheter tous les jours.