Lundi 19 mai : « La Tribu des Gonzesses », Jour J – 4 !

Un délire de première !

Je rentre de répétition. Hé, c’est très très chaud là ! L’heure est grave… Plus question de ne pas connaître par cœur toutes les répliques, plus question d’en oublier leur ordre, plus du tout question de lésiner sur le temps, l’attention, l’énergie à consacrer à la chose. Plus le temps de reculer. Juste le temps de respirer un grand coup et se jeter à l’eau… Zavètchululutt* !


C’est là, vendredi après midi. A Pikine, quartier populaire par excellence et quartier que j’aime beaucoup. J’y ai habité quand j’ai débarqué à Dakar, chez Sérigne Tako Diong, mon ami, mon frère. C’est lui qui est venu nous rencontrer à l’aéroport le premier soir du premier jour, et il a été le cocher parfait pour la Caravane qu’il a accompagnée partout : chez lui tout d’abord, où nous nous fondîmes dans sa famille devenue de ce fait la nôtre, chez Valdiodio Ndiaye qui nous accueillit trois mois à Kaolak, chez Emile Wardini à Latmingué, le village où nous pratiquâmes pendant un an la vie au village… Dans les ministères, les grands hôtels, les humbles cases des héritiers des royaumes du Sine Saloum, les salons de la Présidence et les rues de Pikine.

 

Tako, Kota
C’est lui Tako, mon frère, un artiste remarquable et un homme formidable
.
C’est là, dans une de ses rues sablonneuses qu’habite celui que l’on connaît dans le monde des arts plastiques sous le nom de Tako, bien qu’il signe Kota. Je vous en dirai plus bientôt sur lui, car il est un de mes coups de cœur. Pour le moment, je suis tenue de l’inviter, ainsi que toute la famille à la première de « La tribu des gonzesses », dans 4 jours, dans son, notre quartier ! Et pas devant n’importe quel public ! Devant des classes de 1ère, messieurs dames. Vous voyez tout de suite, j’en suis sure, le tableau ?! Je sens que dans la pièce, écrite pour un public averti, ils auront de belles occasions de délire. Et quant une salle pleine de classes de 1ère délire, je ne vous raconte pas…

Voila l’ambiance les amis. Je me prépare. Je me console en pensant qu’après ça, j’aurai sans doute beaucoup moins de mal à affronter le mercredi d’après le « public du CCF » où la pièce est parait il fort attendue, et encore moins celui de Douta Seck où nous répétons depuis des mois et à qui nous devons une bonne représentation, quand même !

 

 

La tribu répète

Aujourd’hui, nous avons fait un filage. Je me suis plantée trois fois, genre « heu, j’ai une réplique là, tout de suite là après Panda…Mais c’est laquelle déjà ? » et le moment venu, rien… à jour j – 4 ! Le fait de n’être pas seule dans le cas ne me console pas. Toute la tribu est face à elle-même là, bien que je trouve que cela se passe très bien pour le moment. Je vois autour de moi des comédiennes courageuses et volontaires, talentueuses et aimant le travail bien fait.Ca me plait.

Bon, c’est pas tout ça, mais… j’ai mes répliques à réviser. Je vous laisse donc pour l’instant imaginer mon humeur et mon état d’âme. Vous commencez à bien me connaître, non ?

Zavètchululutt (Tant pis pour Louloutte), advienne que pourra !