Lundi 9 juin : Béliya pour Idrissa !

Wawww, c’était chaud hier, dé ! Nous avons répondu à l’invitation de Idrissa Diop et vraiment, j’espère que les photos réalisées par Michèle Braun, (la madame Scarano de la Tribu) qui s’est trouvé là par chance, heureusement pour nous, pourront rendre l’ambiance de feu que nous avons mise sur la scène du Just ! En attendant…

Orchestre Idrissa

2 martiniquais dans la place : Jean Marc Réno au chant (super chanteur) et Jean-François Ludovicus à la batterie, super batteur ! Que du bonheur pour Idrissa…

Tout d’abord, réparons une indélicatesse. Tous ces musiciens, merveilleux, qui forment le groupe de Idrissa, ont un nom, et je suis sure que nous en entendrons parler plus tard. Voici donc la fine équipe qui nous a embarqué pour un superbe voyage musical, parce que fiche qu’elles sont top les compositions de Idrissa !
Donc, le chanteur d’abord ! Jean Marc Réno, martiniquais, qui nous a avoué que Régine qu’il voyait à la télé « quant il était petit » (gigik) a « bercé son enfance »… Ce qui a frappé Régine (ben ça je la rajeunit pas) mais a quand même fait très plaisir.
Le clavier fou malade dont je préssens qu’il ferait un malheur sur du zouk et même la musique traditionnelle martiniquaise, c’est Olivier. Le bassiste lui s’appelle Jean Michel Koré. Il est top ! Et je m’y connais, j’ai toujours eu un très gros faible pour les bassistes, la basse étant l’un des instruments qui me fait le plus vibrer… Le guitariste est génial ! C’est Alain Agbo, un type dont on voit qu’il a un coeur gros comme ça et qui joue de la guitare comme c’est pas permis. Et puis autre martiniquais sur la place, le batteur Jean François Ludovicus… Alors il faut que je vous raconte… héhé !

Donc nous étions invitées par Idrissa à faire le boeuf. C’est un plaisir en même temps qu’un honneur que nous devions savourer comme il se droit. Il y a deux ans, j’avais été reçue sur sa scène en ce même Just4U, et j’avais chanté « L’escalier de Zâbele », morceau qui avait enthousiasmé les musiciens. C’étaient donc des retrouvailles avec eux et une confirmation de ce que Régine avait fait la veille, au pied levé. Pour mon intervention, j’avais choisi d’improviser sur un rythme bien martiniquais, dont je me demande comment il a pu attérir dans le répertoire de Idrissa, le grand bèlè ! Avec un batteur martiniquais, un bassiste réunionais, et deux martiniquais avec moi sur scène, ça devait le faire ! J’étais prête et Régine aussi. Quand soudain…

La cata ! Avant de nous appeler, Idrissa appelle des vieux amis à jouer avec lui, précisemment sur mon morceau ! Un batteur (aïe, c’est un jazman) et Habib Faye à la basse, ce qui est un honneur, mais qui me dit aussi qu’il ne peut pas connaître le grand bèlè… Ayayaye, ce n’est plus le même morceau ! Là on nage dans les impros de jazz et il va nous appeler pour qu’on chante dessus ! Dans quelques minutes… Régine est sereine, et moi je panique… Et voilà, il nous appelle… gigik !

On y va donc et là, comme disait maman, quant on est déjà mouillé, il n’y a plus qu’à plonger ! Ce qu’on a fait en attaquant le morceau en… bélia, autre rythme traditionnel qui n’a rien à voir avec le grand bèlè mais qui nous ramène aussi dans les champs de cannes des plantations d’antan… On a mangé ça ! A un moment, on a bien ressenti la vibration qui s’emparait du public et ça nous a encore galvanisé. Alors on s’est donné à fond et je crois que nous avons su faire honneur à Idrissa, à tous ses bons musiciens, au Bélia et à la Martinique !

KambelKambel

Dans la salle, de nombreux et talentueux artistes, dont Moktar Samba, le prestigieux batteur qui, après notre prestation, a envoyé chercher Régine pour féliciter et remercier du voyage. Quel hommage ! Je ne me sens plus là tout à coup…

Entre autres artistes également, le peintre Kambel que nous avons rencontré à Gorée (à l’époque où j’y allais) et qui a permis à Seku de reprendre la peinture en mettant tout son matériel à sa disposition. Sa générosité est à l’origine de la création de la collection « Prélude au Sapaxi » comportant 10 oeuvres, dont une est à la Présidence, quatre au Ministère de la culture qui en a fait l’acquisition pour le patrimoine, une qui a illustré le poème de Seku dans le beau livre que Pap Ba a consacré à Senghor (Senghorama) et les autres chez des particuliers. Kambel donc était l’invité permanent de Idrissa et outre la décoration de la scène avec ses oeuvres, il a performé en créant un T.Shirt pour chaque invité de Idrissa Diop. Donc nous sommes reparties de là avec un T.Shirt chacune. Que nous conserverons en souvenir d’un très bon moment de partage avec de géants artistes !