Mardi 27 mai : Il y a de la joie dans l’encrier, actes 1 et 2. Très grand moment dans les ténèbres à Douta Seck

ACTE 1 :
Quelle délicieuse personne cette Joséphine Zambo !

Ahhhhhh, voila une bonne sensation pour écrire et m’en remettre à toi, journal ! Je viens de recevoir un trrrrès gros calin, et rien de tel pour bien commencer une journée… Il me vient de Joséphine, la Néné Gallé de la Tribu. Un phénomène, mais surtout une femme belle et chaleureuse, qui vient de m’appeler pour prendre de mes nouvelles, et s’enquérir de la très booooonnnnne nouvelle que j’ai à vous annoncer ! Mais attendez un peu… Commençons par Joséphine. Laissez moi vous raconter Joséphine.

Joséphine Zambo par Michèle BraunJoséphine photographiée en répétition de la Tribu par Michèle Braun

Néné Gallé, son personnage dans la Tribu, a entre 30 et 40 ans environ. Jusqu’à présent, j’ai du mal à croire que cette éternelle étudiante en passe de tourner vieille fille à Paris, soit la même personne que celle vue sur scène à Sorano dans une pièce où elle incarnait une petite fille de 5 ans ! Quand je vous dis incarnais, je veux dire était. Dans la salle, l’illusion était parfaite.

Déjà, elle est petite Joséphine. Mais par la taille seulement, car quelle grande comédienne ! Il m’a fallu me pincer pour admettre que cette petite chipie qui allait être victime de sa mauvaise éducation dans ce conte de Birago Diop, était cette grand-mère qui, après le spectacle, en tant que Joséphine Zambo, a fait la morale aux enfants qui remplissaient la salle.

Voici ce que j’écrivais sur elle dans Wootico, quand je l’ai connue :
«Je suis en effet emballée par le jeu de Joséphine Zambo, qui est Néné Gallé tellement elle la joue! Une muse parfaite pour un auteur car susceptible de pouvoir jouer tous les rôles, de la midinette à la veuve éplorée, de la femme légère à la directrice d’école, de la sainte nitouche à la sainte tout court. Un talent qui rejaillit par les yeux, par la bouche, dans la démarche, dans la voix… Epoustouflante Joséphine, vraiment!».

Pour avoir été avec Néné Gallé sur la scène de l’avant première de La Tribu hier soir à Douta Seck, (mais ouiii, on va en parler, patience, je te dis que j’ai plein de jolies choses à te dire aujourd’hui…), alors Joséphine, je confirme que je ne me suis pas trompée et m’incline devant son extraordinaire talent. Mézami !, ce véritable don qui transforme Joséphine en n’importe qui elle choisit d’être. C’est donc cette grande dame qui m’a appelée, et qui m’a si grandement disposée à m’ouvrir à tout le monde ce matin.

Alors, il serait temps de passer à la boooooonnnnnne nouvelle, et ce serait pour moi toute seule, c’est ce que j’aurai fait. Mais je suppose que vous êtes trop pressés de savoir ce qui s’est passé hier soir à Douta Seck ? Alors va pour l’avant première de la Tribu. Dans un moment, après une courte pause qui s’impose…juste le temps de retremper la plume dans l’encrier si plein de joie !

ACTE 2 :
Grand moment… dans les ténèbres !

Ah, la Sénélec ! On croit qu’on va pouvoir arrêter 5mn et la Sénélec nous met au chômage pendant des heures et des heures.. Mais aujourd’hui, je suis assez encline à pardonner à la Sénélec, car elle nous a offert à son insu de vivre un très très grand moment hier soir à Douta Seck…

Nous en sommes donc à notre avant première et que je vous le dise tout de suite, cela s’est vraiment très très bien passé. Nous avons joué avec une énergie superbe, aucune fausse note dans les répliques, tout le monde au garde à vous et très attentifs les uns des autres. Et puis figurez vous que au beau milieu d’une réplique, dans une scène chaude chaude chaude, paf ! délestage ! Héhé tout le monde dans le noir. Et bien sans nous concerter, nous avons continué de jouer comme si de rien n’était. Et vous savez quoi ? le public a alors allumé les téléphones portables pour éclairer la scène et c’est ainsi, sous ces dizaines de mini projecteurs improvisés que nous avons joué, comme baignés dans une ambiance de clair de lune. C’était extra. Et de la scène, toutes ces lumières braquées sur nous, c’était… magique !

Cette magie a duré 10 minutes, le temps que Douta Seck ne branche son groupe et hop, la lumière re-fut. Comme si de rien n’était. Alors les téléphones portables ont rejoint les poches et les sacs et le spectacle a continué jusqu’à la fin, comme s’il ne s’était jamais rien passé. Merci la Sénélec, ce moment de grâce et de communion avec le public, on n’aurait jamais pu l’inventer.

Au sourire radieux de Oumar et de Mamadou Diop, nos deux metteurs en scène présents (le 3ème est en mission en Iran ou en Irak, je ne sais plus trop), nous sûmes que la partie était gagnée, ainsi qu’à l’applaudimètre qui fut ma foi fort sollicitté durant toute la pièce. Voila. La deuxième épreuve passée, il nous reste donc le CCF demain soir, la grande première tant attendue, celle qui devrait nous ouvrir, si tout va bien, les portes du théâtre Daniel Sorano, voire des tournées futures.

Je dois d’ailleurs partir pour l’ultime répétition sur les lieux, dans les conditions du spectacle. Aussi vais-je vous laisser, non sans vous avoir fait part de la très bonne nouvelle : Régine, ma soeur, mais oui, celle dont je vous parle abondamment dans la rubrique « interprètes », ma tite soeur, et bien elle arrive… ce soir ! C’est chouette, je vous assure. Elle pourra voir la pièce (elle est aussi comédienne) et nous passerons des jours sublimes ensemble, à nous boire l’une l’autre, qui ne nous sommes pas vues depuis un an, une éternité pour des bavardes comme nous !

Voila pourquoi aujourd’hui, mon encrier déborde de joie. Je suis très heureuse de vous en offrir un grand bol ! Tchin, et à demain… pour vous dire ce qu’elle m’a ramené comme douceur de mon île. Du rhum ? Bien sûr, mais… chut… Les femmes ne boivent pas ici, alors on fera ça en douce, Régine, Sylviane, Krn et moi. A votre santé messieurs dames !