Mardi gras d’Artistes en grève : Gros blo kiltirel près de l’Atrium ce soir

Les artistes dans la grève générale : Solidarité !

Dans l’incapacité de résoudre leurs problèmes récurrents en se fédérant de manière classique, les artistes ont cependant fait corps au sein du mouvement « MunLakilti » qui offre de se retrouver une fois de plus dans la grande scène qu’est aujourd’hui la rue, pour un mardi gras sans artifice…

Aujourd’hui mardi gras (en principe puisque le carnaval est annulé), les musiciens du groupe à pied « TBK », Tanbou bod Kannal animeront de manière militante le défilé syndical, qui, en ce jour spécial, défilera à partir de 15 heures, (d’habitude les manifs ont lieu le matin) pour changer et marquer le coup quand même…

De même, les artistes du « Mouvement Mun Lakilti » ont deux rendez-vous aujourd’hui, premièrement pour défiler comme tout le monde cet après midi, et ce soir, de 18 heures à 22 heures pour un « blo kiltirel », le second organisé par eux depuis le début de la grève.

Un blo est un choc, une rencontre qui fait ce bruit : blo ! Les artistes veulent faire du bruit, ce bruit de choc, de surprise, cette mise en espase d’un univers qu’ils offrent eux aussi à la cause. Les artistes ne savent peut-être pas s’organiser, mais ils savent si bien, dans ce pays, répondre à l’appel du coeur !

C’est la preuve que les artistes se sont eux aussi mobilisés, pour leur part et aussi pour soutenir le mouvement, de toutes les manières possibles. On s’organise… C’est bien connu, les artistes martiniquais ont toujours eu un mal fou à s’organiser. Et pourtant, ils sont venus en rangs serrés grossir le nombre de manifestants dans les impressionnants cortèges de ces derniers jours.

D’abord parce qu’ils étaient déjà dans la rue en tant que personnes solidaires ou impliquées dans le mouvement d’une façon quelconque. Et puis parce qu’ils ont été appelés à le faire par sms par un mouvement qui s’est donné sur place et sur le fait pour nom de « Mouvman Moun Lakilti » !

Les artistes furent nombreux à répondre à l’appel, comme je vous l’ai raconté ici.

Beaucoup de choses se sont passées, se sont dites et se sont révélées durant les défilés et les rencontres où n’assistaient pas seulement des artistes, mais toutes sortes de métiers ayant rapport avec la culture. Il serait insensé de croire qu’en quelques heures, quelques sms et quelques rencontres, on puisse résumer et résoudre des problèmes, au point d’entrer dans la ronde avec une plate forme de revendications fruit d’un consensus entre les différents métiers se retrouvant réunis là !

Et Dieu seul sait que des revendications sont nombreuses dont le statut des intermittents du spectacle carrément insoutenable dans nos iles, sauf pour quelques uns qui rouclent pour y arriver… La continuité territoriale dont le principe n’est pas appliqué en faveur de gens tournant sur une île et dans l’impossibilité de se produire et se faire valoir (merci à mon ami Fred Pain qui me le rappelle), le n’importe quoi qui règne dans l’animation touristique du pays comme je le montrerai dans un prochain post…

Les artistes ont pourtant déposé un document écrit auprès du Collectif du 5 février, et ce, dès le premier jour du conflit. Je vais solliciter une interview de Michel Béroard, (oui, c’est le frère de Jocelyne) qui a déposé ce document pour qu’il nous dise ce qu’il contient et en savoir plus sur le syndicat des Artistes dont il est l’actuel président.  Animé par des militants tels Christiane Grangenois et Winston Berkeley, le syndicat tente vainement depuis 10 ans, de rassembler les artistes. Vous pensez bien que durant tout ce temps, ils ont réfléchi à un certain nombres de points évoqués dans le document dont nous reparlerons.

Tout cela, je l’apprends sur place, parce que le syndicat répond lui aussi à l’appel du Mouvement Mun Lakilti et défile avec lui dans une ambiance qui demande vraiment réflexion. D’où cette série de « La vi artis rèd » où je vous propose de fixer ce qui se passe aujourd’hui, de faire comme une sorte de point sur une situation dont tous s’accordent à reconnaître qu’elle est fort préjudiciable au milieu.

Le point ne fait que commencer, avec dès demain, saut imprévu, des précisions de José Marie Rose, fondateur du mouvement Moun Lakilti, sur l’origine du mouvement qui invite encore aujourd’hui sur la grande scène qu’est devenue la rue, pour apporter une nouvelle contribution pour poursuivre la mobilisation.

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