Mercredi 19 août : Une couronne pour Merlene !

Rien de mieux qu’un peu de sport pour se laver la tête de tout ce qui la chagrine… Alors va pour un petit tour sur la piste de Merlene Ottey, ma gazelle, mon héroïne, qui porta sur les épaules le drapeau de ma Caraïbe… avant de l’abandonner par dépit… Le squat du podium du mythique 100 m des JO par trois jamaïcaines a un bon petit goût… Vous en prendrez une cuillerée ?

Merlene Ottey Superstar
« Courrez, courrez, vite si vous le pouvez… Jamais, jamais, vous ne la rattraperez
… (DR)

Non, mais, vous avez vu cette longévité, cette vie dédiée au sport depuis ces fameux jeux Olympiques de 1980 à Moscou au cours desquels Merlene Ottey (prononcez Meur-li-ne) devint la première athlète anglophone des Caraïbes à conquérir une médaille olympique ? Autant dire que Marlène fait partie de la légende des JO et figure au panthéon des… (J’allais écrire « artistes ») athlètes qui m’ont fait rêver des années durant. J’ai été autant fan de Merlene que de Marley, c’est vous dire… Et j’ai ragé chaque fois qu’une gazelle, fut-elle noire, la dépassait d’un chouya sur la ligne d’arrivée, la privant de la médaille d’or des J.O et du titre suprême de championne olympique.

Cet or serait la plus fine pierre d’une belle couronne de lauriers et de médailles, glanés au cours d’une brillante carrière faite d’exploits assez extraordinaires : Merlene Ottey est classée 4ème (derrière Florence Griffith Joyner, Marion Jones et Christine Arron) dans la liste de tous les temps du 100 m féminin, et 3ème dans la liste du 200 m, derrière Florence Griffith Joyner et Marion Jones… Ottey détient plusieurs records : celui de la plus vieille médaillée, d’avoir couru le 200 indoor le plus rapide en 21″87 à Liévin le 13 février 1993 et celui d’avoir obtenu le plus de médailles (14) lors des championnats du monde. Ces résultats et sa longévité lui ont valu le surnom de « Reine de la piste ». Elle est descendue sous les 11 secondes sur 100m au cours de 13 saisons d’athlétisme, la première fois en 1985 à l’âge de 24 ans, la dernière en 2000 à l’âge de 40 ans.

Tout au long de sa carrière, elle a couru en vain (et mon cœur a couru avec elle, je ne vous dis pas…) après une médaille d’or aux JO, la manquant parfois pour un centième de seconde, ô rage, ô désespoir… Elle dut se contenter de trois médailles d’argent et de six de bronze, doit neuf médailles olympiques, un record dans l’histoire de l’athlétisme féminin, quand même ! Elle a remporté 14 médailles lors des championnats du monde, plus que n’importe quel autre athlète masculin ou féminin. Aujourd’hui, elle court toujours, mais elle revient de loin…

Viva Jamaïca !
Shelly-Ann Fraser, Sherone Simpson et Kerron Stewart ont offert l’or à la Caraïbe ! (DR)

Une accusation de dopage en 1999 faillit l’empêcher de participer aux jeux de Sydney et aux championnat du monde de Séville. Mais c’était sans connaître l’acharnement de Merlene qui se battit pieds et ongles pour être disculpée, ce qui ne manqua pas. Son innocence reconnue, elle repartit à la conquête d’un titre olympique. Mais l’attendait une autre contreverse : « En Jamaïque, lors des qualifications pour les jeux olympiques, elle ne se plaça qu’à une décevante quatrième place. En accord avec les règles de la fédération, seuls les trois premiers des qualifications étaient éligibles pour les jeux, elle ne fut que repêchée pour participer au relais 4 x 100 m. Ottey demanda à remplacer une autre athlète, une faveur qui avait déjà été accordée à d’autres par le passé. La décision de la fédération jamaïquaine de remplacer Peta-Gaye Dowdie par Ottey causa une large controverse… Les camarades de club de Dowdie et de nombreux Jamaïcains croyaient qu’elle avait forcé sa participation dans l’équipe. Elle fut considérée comme une icône vieillissante essayant de garder son rang en usurpant la place d’une jeune athlète talentueuse. Le champion olympique du 400 m Gregory Haughton menait la protestation au village olympique pour évincer Ottey. L’affaire se termina quand le CIO menaça d’exclure les Jamaïcains des jeux » nous rappelle sa fiche wikipédia.

C’est suite à cette contreverse que Merlene décida ne ne plus courir pour son pays et qu’elle déménagea en Slovénie où elle vit actuellement. Elle continue de courir des compétitions internationales. Sa dernière grande victoire est en 2006, où, à 46 ans elle remporte le meeting de Glasgow en 11.34. Si Merlene avait couru à Pékin comme elle le souhaiterait, ce ne serait pas sous les couleurs de sa Jamaïque, mais bien celles de la Slovénie, sa nouvelle patrie. Malheureusement pour elle, elle a échoué dans sa tentative d’être la première athlète à avoir participé à 8 jeux olympiques consécutifs en ratant les qualifications.

Elle était donc absente pour assister au triomphe de la Jamaïque sur ce 100 m qui signe la fin de la suprématie des Africaines Américaines, dont Marions Jones, dont la déchéance a permis à Merlene d’accrocher une nouvelle médaille (hélas encore une fois de bronze) à sa panoplie. Mais à l’heure du triomphe jamaïcain sur 100 mètres, féminin et masculin, c’est à Merlène que je pense, cette immense championne qui fit de moi une sprinteuse… dans ma tête !

Dernière minute : A l’instant même une jamaïcaine vient d’être sacrée championne olympique du 400 mètres ! Waow ! Mais qu’est-ce-qui les fait courir les sistas ? En tous cas, c’est stouk !