Premier hommage public à Barel Coppet : Sa clarinette mène le deuil

Sa plus belle gerbe

Depuis ce soir,  Barel Coppet, le maitre clarinettiste martiniquais décédé dimanche dernier, appartient à son public, qui lui offre une série d’hommages jusqu’à samedi. Je reviens du premier avec la photo du jour, celle de la première endeuillée, sa clarinette… clarinette-de-barel-coppet

C’était jeudi soir, au stade Pierre Aliker de Dillon, la première veillée de Barel, faite d’émotion, de prières et de recueillement. Tout le monde est là. Voila sa famille, voila ses amis, voici les officiels et les caméras des télévisions qui ne veulent rien perdre de l’émoi. Voilà les musiciens qui s’installent sur le parking et les chorales qui prennent les premiers rangs dans le hall où est exposée la dépouille du Maître. Voilà Marie Ange Ravin, maitresse de cérémonie discrète et attristée, et bien sûr voici Guy Méthalie, qui officiera avec une rare sobriété.

Et puis, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, voici la première endeuillée aujourd’hui, car qui pourra prétendre souffler désormais dans la clarinette du dernier du trio Coppet ? Là, dans ce stade voué aux grandes foules, le dernier du clan, Barel que personne n’a vu avoir 89 ans, a rejoint ses grands frères Hurrard et Honoré, au ciel peut être et surement au Panthéon des artistes martiniquais. C’est dire qu’avec lui disparait une grande lignée de clarinettistes. Et ce soir, voici donc Barel et, trônant lui aussi sur son propre piédestal, ce bel instrument si parfaitement verni, bichonné, caressé, astiquée, qu’il a traitée habituellement comme une reine par son amant.

Et je réalise en la contemplant que cette clarinette, qui a tant soufflé de bonheur, bien que disposant encore de toute son énergie propre, de toutes ses gammes, de toutes ses touches, semble désormais condamnée au silence… Elle qui fut sous les feux des projecteurs, la voila tout a coup en plein sommeil, condamnée à regagner l’ombre malgré les spots braqués sur elle, en voie de disparition aux yeux du monde, pour le moment en tous cas.

Ce n’est pas faire offense à l’épouse éplorée de Barel que de dire qu’elle, la clarinette, en plus que veuve inconsolée. Pour l’une, la vie continue, avec tous les amis qui sont venus la soutenir, ceux du premier jour, ceux de ce premier bain public, qui lui apportent le soutien de la Martinique. Madame Coppet dont nous comprenons et respectons la douleur est sure de compter sur l’amour et l’amitié  populaires jusqu’à samedi, à la messe de la cathédrale, où tous les clarinettistes sont annoncés… Elle sera soutenue jusqu’au cimetière où une sérénade est annoncée. Demain vendredi, ce sont les artistes qui ont rendez vous à l’atrium pour lui témoigner leur solidarité et leur tristesse.

Après, Madame Coppet pourra toujours compter sur le soutien des siens, de ses amis, de ses souvenirs pour tenir le coup, et continuer à vivre. Mais, la clarinette elle…

Je la regardais, toute drapée dans les fleurs qu’elle porte en gerbe, quand soudain, son silence me fit mal…

A suivre…

2 comments on “Premier hommage public à Barel Coppet : Sa clarinette mène le deuil”

  1. estella dit :

    de son vivant , il voulait que son fils olivier garde sa clarinette en héritage.
    pour son enfant cette clarinette est plus qu’un instrument.

  2. Prince David GAGNER-ALBERT I dit :

    Cette belle clarinette qui à fait vibrer le monde de son souffle mérite sa place dans un Musée.

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