Rencontre avec José Marie Rose, artiste fondateur du Mouvman Moun Lakilti

Mun lakilti : Une poignée d’artistes sonne le rappel des troupes !

José Marie Rose : C’est une question de philosophie…

Pause magnéto sur le parvis de l’Atrium où en compagnie de quelques amis bénévoles comme lui, José rassemble les troupes avant le départ pour la Maison des Syndicats d’où soit s’ébranler le cortège des manifestants…

au_crenau4_jose-marie-rose.jpg

Imaniyé : Comment est né le mouvement ?

José Marie Rose : C’est un mouvement que je dirai spontané, qui est porté par des convictions… Je retrouvais déjà des artistes et les autres dans la rue, personne n’ignore que nous sommes un secteur d’activité qui n’est vraiment pas organisé, malgré toutes les initiatives et les gens qui essaient de cautériser la plaie comme on dit.

Donc nous rencontrant dans la rue, nous avons tous constaté que l’un d’entre nous s’était autorisé à parler au nom du groupe. Heureusement qu’il l’a fait parce que cela nous a amenés à constater que la population n’avait aucune trace de la visibilité de notre soutien. A ce moment 9 personnes que je ne vais pas citer parce que…

Il faut les citer, c’est de l’histoire…

Non, on verra ça après.

Non, pardon, on voit ça maintenant s’il te plait, c’est mieux. C’est la vérité, c’est ce qui s’est passé, c’est parti à l’initiative de quelques personnes sur le parvis de l’Atrium, qui ? Dans notre pays qui souffre si facilement d’amnésie sur l’origine des choses, c’est ça que je veux savoir s’il te plait…

Alors je vais t’expliquer que c’est plus une question de philosophie que de détail. Je vais te dire ce que je pense vraiment !

(Merciiiii)

Ce qu’il faut acter à l’arrivée, c’est que dans ce pays qui fonctionne de façon très individualiste, nous assistons à des scènes dans la rue qui nous rassurent sur notre devenir, quelque part. Nous  mêmes, ce qui a bien fédéré les choses, c’était de voir qu’en 2009 il est possible que les gens se rencontrent sainement sans essayer de tirer la couverture à soi. Sur cette énergie là, 9 personnes ont envoyé des sms en fonction de ce qu’ils avaient comme information et crédit  sur leur portable, et en donnant rendez vous à des gens à 14 heure. A 14 heure, on était déjà 150 !

Qui étaient ces 9 personnes ?

Christian Louiset, Jerry Spartacus, José Marie Rose, Bérard Bourdon, Yv-Mari Séraline, Antony Lowinsky, Jean Christophe Germain et sa femme, Joel Pécome, Cécile Chabrel, puis Sarah Corine Emmanuel, Ninoska, Victor O, Roger Marie Joseph…

A 10 heures, on a envoyé les sms pour le rendez vous à 14 h et là on a eu tout de suite des réponses de cette façon de faire et, quelque part, cette nouvelle réflexion sur les rapports humains qu’il faut réintroduire dans notre société, qui n’auraient jamais du disparaitre. Après avoir défilé sans mégaphone, sans grand moyen etc, nous nous sommes rendus à l’Atrium pour participer au débat et rédiger un communiqué ayant l’aval de tous.

(Cette rencontre, je vous en ai déjà parlé ici…)

Le premier rendez vous qu’on s’est donné part d’une rencontre dans la rue de Martiniquais de base,  déjà mobilisés dans la rue, qui se sont dit qu’il faut casser ce jeu de Martinique individualiste. Donc jusqu’au bout, nous allons défendre ça. Il faut que le Martiniquais profite de la crise car, vu ce que je vois des rapports humains qui sont en train de changer, de gens qui se parlent, etc, j’aurai même souhaité que ça ne s’ arrête pas.. Pas la crise, mais les rapports humains !

_______________________________________

Artistes en grève et Munlakilti sur imaniye.net

Grève générale : Les artistes défilent aujourd’hui (publié le 11 février)
Les artistes en marche

Grande mobilisation des acteurs culturels de Martinique (publié le 12 février)
Tous dans la rue, tous arts confondus !

La rue prise d’assaut pendant que la France bat des Guadeloupéens (publié le 17 février)
Photos du jour, Mun lakilti