Sarkozy parle à l’Outre-Mer en colère… dans un coin : Mépris ou vengeance ?

Tout ça pour ça  ?

Le Président s’est adressé à l’Outre-Mer et uniquement à l’Outre-Mer, sur la chaine de l’Outre-Mer… Pour ne pas mélanger torchons et serviettes ? Par mépris ou par vengeance ? On ne sait pas, on se demande…

Nicolas_Sarkozy_Allocution_Guadeloupe_19_Fevrier_2009

Et ben, le voilà enfin Monsieur Sarkozy, après 1 mois de conflit ouvert dans deux départements de cette France qui confine ses ultramarins à part. Le Président qui détient le pouvoir de s’adresser à la France entière, comme il l’a fait la veille à l’issue de sa rencontre avec les syndicalistes français de France a choisi la chaine spécialisée dans l’outre-mer , connue dans les Départements d’Outre Mer sous le nom de RFO, pour s’adresser aux populations de Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, ceux que la France appelle les DOM.

J’ai dit syndicalistes français de France. Ben oui, les syndicalistes Antillais sont en grève rappelez vous ! Les syndicalistes français de France eux-mêmes semblent l’avoir oublié on dirait.  Dans ma petite tête, je me demande pourquoi ils ont maintenu et participé à cette réunion déterminante aussi sur l’avenir des travailleurs antillais actuellement en grève, en sachant que des syndicalistes comme eux-mêmes se battaient sur le front aux Antilles, dont un tué la veille sur une barricade, sans que le Président qu’ils allaient rencontrer n’ait jamais ouvert la bouche sur la question !  La solidarité aurait voulu qu’ils refusent d’être là tant que leurs pairs Antillais seraient eux, en état de siège, non ? Comment ça je rêve ? Ben alors dîtes moi, qu’est ce que ça ce que ça veut dire, fraternité ?

C’est comme les journalistes français de France, tiens ! Ils ont suscité une lettre ouverte de la part de journalistes des DOM qui s’indignaient de voir leur absence totale ou si partielle -et partiale- de couverture des évènements. Toujours seule dans ma petite tête, je me dis là encore que d’habitude, la presse s’empare d’un évènement. Là, c’est l’avènement de la mort de d’un homme qui s’est emparé de la presse dite nationale, celle qui traite des questions nationales dont la crise antillaise, l’une des plus importantes de son histoire, fut tout simplement absente pendant des semaines… Ah lala, mais comment ne pas penser au témoignage d’un mépris certain là où on ne peut pas parler d’incompétence ou de manque de moyens, dîtes moi ?

Les média, les syndicalistes, le Président, on voit que dans la réalité objectif, dans la nudité et la simplicité des faits, tous agissent comme si ce qui se passait aux Antilles ne regardait pas les autres Français, les Français de France dirait Damas.

Deux départements en dissidence, quand même, ça ne regarde pas le pays ? Cela ne le concerne pas directement autrement que par quelques brèves au journal, des réunions houleuses et douloureuses en Préfecture, des affrontements violents et sanglants gendarmerie/jeunesse dans les rues, des arrestations, et une rencontre vite fait à l’Élysée avec des élus qui ont été proprement disqualifiés par un mouvement populaire qui a géré tout seul sa cause et qui lui dénie le droit de négocier en son nom lors de cette rencontre d’hier avec le Président  ?

C’est ça la réponse de la France dans cette histoire qui s’écrit sous nos yeux, Monsieur Sarkozy ? Cette attitude de père fouettard qui tient le bâton d’abord et la carotte avec ? C’est tout ce que vous proposez comme solution à nos problèmes, ça et des États généraux, où j’espère pour vous que nous pourrons vous faire partager des valeurs plus sures…

C’est un sentiment de mépris qui domine d’autant que votre discours tant attendu n’apporte rien de nouveau ! Tout ce que annoncez était déjà ce que le mouvement LPK avait discuté et obtenu de Yves Jégo  avant que celui-ci ne se quitte subrepticement la Guadeloupe et se rétracte en disant qu’il n’avait jamais promis ça ! Mais voilà que les promesses que Jégo a nié avoir tenues sortent maintenant de votre bouche présidentielle, mais un mort et une centaine d’arrestations plus tard. Tout ça pour ça… Pfffffff…….

On respire…

Alors quoi, si c’est pour ne rien dire pratiquement, pourquoi le président affiche-t-il une telle attitude ? Serait-ce le souvenir de son voyage annulé en décembre 2005 ? Aurait-il gardé un gout amer et du ressentiment pour ces populations françaises là qui ne se sont pas réjoui de recevoir le ministre de l’intérieur après qu’il eut parlé de karcher, de racaille, d’aspects positifs à la colonisation ? Pour cette raison, Césaire avait refusé de le recevoir, et accueilli Ségolène Royal en grandes pompes dans sa ville… Monsieur Sarkozy avait du renoncer à cette étape de campagne et aujourd’hui, beaucoup d’Antillais sentent que ça n’a pas du lui faire plaisir… Non ? Ils ne savent pas, ils se demandent…

Enfin on se met dans la tête de l’ Antillais de base qui se dit : mépris ? Vengeance ? En tout cas pas des bons sentiments, et pas de quoi se réjouir que pour représenter cette France à laquelle tant croient et souhaitent appartenir vraiment, (il me semble bien que le président a utilisé l’expression de « République plurielle » lors de son discours d’après syndicalistes de France l’autre soir, je vérifierai…) , il ne se trouve comme je le disais hier qu’une femme qu’on dirait froide comme un glaçon au ministère des DOM et un homme, qu’on dirait vexé au sommet de l’état.

A suivre… Car comme on le lit ici, le LKP et tout le peuple derrière lui, ne peut plus, à cette heure, se contenter de promesses. Car comme on dit ici, pawol an bouch pa chag ! Les paroles sont toujours lègères dans la bouche. Autrement dit, parler n’est rien, c’est agir qui compte…

Sagesse populaire ancestrale.