Seku Mâga : Les fins maux de l’histoire

DES MAUX POUR LE DIRE…

Vite, entre deux coupures, que je vous dise les fins maux de l’histoire !

Prison
Et les portes de la prison s’ouvrirent (DR)

GROSSE FATIGUE…
Bon, je vous donne les détails. Sachez que pour éviter de déclencher le nécessaire combat médiatique qui m’aurait demandé une énergie que je n’ai pas du tout en ce moment, pour éviter de rentrer de plein pied dans la lutte frontale pour le respect de nos droits de personnes de la Diaspora ayant fait le Retour définitif mais qu’ aucune structure ne prend en compte, pour éviter de me disperser à un moment où l’essentiel de mon (peu d’) énergie est concentré dans l’organisation de A à Z de la tournée qui implique une quinzaine de personnes qui me font confiance, je devais trouver l’argent.

LES COPAINS D’ABORD ?
Alors j’ai appelé les copains et les copines au secours. Pour ce qui est des copains, je ne fus pas surprise de constater le peu d’intérêt qu’ils manifestèrent pour cette affaire. Il y en a que je n’ai même pas pris la peine de solliciter… J’avais déjà eu l’occasion de voir à quel point tout ça passe au dessus de la tête de certains. Mais même ceux qui pouvaient faire le geste ont refusé de le faire, prétextant des obligations, la récession, la situation actuelle, leurs engagements personnels… Même ceux qui me doivent de l’argent m’ont affiché une fin de non recevoir. Seku pouvait bien croupir en prison, ce n’était pas leur problème. Alors « Bon courage Ima » fut mon seul soutien. Merci les gars…
( PS : Hé, manzel Régine, ne viens pas après me dire que je suis trop rancunière han, bon !).

MES SUPER COPINES !
Parlons maintenant des copines. Alors là, tout le contraire. Elles m’empêchèrent de sombrer. Merci à vous les filles, M…, T….., R…… et L….. qui, appelées au secours ont décidé de trouver vaille que vaille le moyen de m’aider. C’était à celle qui la première trouverait la solution. Je ne mets pas ici leurs noms, pour le moment, car elles seraient sans doute contrariées que leur générosité soit ainsi étalée, d’autant que ce sont des personnes qui traversent des moments difficiles et qui se seraient mises encore plus dans la mouise pour me rendre service. N’est-ce-pas à ce genre de choses que l’on reconnait ses vrais amis ? Grâce à leur aide, j’ai pu avoir la somme et me suis rendue en compagnie de l’une d’elles qui a tenu à m’assister jusqu’au bout pendant que les autres attendaient de nos nouvelles au téléphone.
Je m’en souviendrai les filles, et ce, toute la vie ! Je suis encore plus reconnaissante que rancunière, je le jure !

SOLIDARITE QUAND MEME…
Une personnalité s’est jointe également à moi, qui restera anonyme pour l’instant, car ne m’ayant pas encore autorisé à divulguer son nom. Pour lui, les choses étaient simples : il fallait que Seku soit libéré sans préalable et sans délai, sinon il faisait un scandale et ameutait la terre entière. Il avait l’autorité nécessaire et la détermination issue d’un militantisme de longue date. Malheureusement, nous n’avons pas eu le temps de nous concerter avant notre arrivée au commissariat et, sur place, je me devais d’honorer l’engagement que j’ai pris auprès du commandant Seck (qui a été d’une extrême courtoisie avec moi et d’une grande humanité puisqu’il a même offert à Seku le sandwich du midi, en refusant d’être remboursé ) avec qui j’étais en relation par téléphone, de payer la dette.

LA PAYE, LA PAIX !
Et puis j’en avais marre. Je ne voulais qu’une chose, que Seku sorte et que tout cela s’arrête pour que la paix revienne sur terre et… avec mon esprit. J’ai donc payé et après les formalités, Seku sortit enfin libre du commissariat. Là il fut accueilli par son épouse éplorée et par Louis Bassène, un artiste de talent qui travaille au Village et qui tint à être présent sur place dès qu’il a appris la nouvelle. Il ne fut pas le seul artiste du village choqué par le comportement du tenancier, car lorsqu’il revint au Village, il fut accueilli par une délégation qui lui assura de sa solidarité dans cette humiliante épreuve.

Je suppose que cela lui fit chaud au cœur. Son cœur de solitaire dans cette cause qu’il est le seul au monde à défendre pour l’instant, envers et contre tout. Je souhaite pour lui qu’il trouve toujours le soutien qu’il lui faut pour poursuivre ses objectifs. Ses amis sont peu nombreux, ses soutiens encore moins. Mais s’il n’en restait qu’un, je serai celui-la ! Ce n’est qu’un début, continuons etc, etc.

Ah au fait, le montant de la dette ? 160.000 F cfa. Moins de 300 euros. Sur une toile qui en valait 1000. Dérisoire, n’est ce pas ? Il est des moments où la vie et la liberté d’un homme ne valent pas grand-chose… Giiiiiiigik !!!