Soeur Emmanuelle n’était pas ma soeur, et pourtant…

Quel heureux souvenir !

Elle n’était pas « ma » sœur… Alors d’où me vient aujourd’hui
le sentiment d’avoir perdu une proche parente ?

Soeur Emmanuelle
Soeur Emmanuelle aimait la vie, les autres, la jeunesse…


Sœur Emmanuelle est morte avant hier à 99 ans et aujourd’hui mercredi, jour de ses funérailles, tout le monde a une pensée affectueusement émue pour une telle personne, qui avait un si beau rayonnement…

Comme vous le savez maintenant, je ne pratique aucune religion tout en croyant en La Divinité. Si j’ai écrit des chansons spirituelles qui parlent de choses auxquelles je ne crois plus aujourd’hui, c’est parce que j’y croyais, ayant à la base une solide éducation en la matière, dispensée en grande partie par la grande sœur de maman, surnommée Tante Sœur, qui était religieuse.

Elle m’aimait beaucoup et elle a veillé personnellement sur moi et m’a fait faire ma première communion. Elle n’a jamais réussi à me faire faire ma communion solennelle et ma confirmation, mais loin de m’en vouloir, elle continua d’entretenir une belle correspondance avec moi qui fait que lorsqu’elle disparut, c’est à moi que furent offertes sa bible et son chapelet en perles. Je m’en suis défaite depuis, au profit d’une de mes sœurs, croyante elle dans ce genre de choses. Je n’ai besoin de symbole d’aucune sorte pour me souvenir et honorer la mémoire de ma Tante Sœur, vous comprenez…

Et Sœur Emmanuelle dans tout ça ? Et bien elle me rappelait ma Tante-Sœur. Un jour, par curiosité, j’ai suivi une de ses interviews à la télé, et j’ai été bluffée par son enthousiasme et sa joie de vivre, par ce sourire qui allumait son visage aux ravines profondes qui contrastait avec ses yeux d’une jeunesse éclatante ! J’ai entendu et apprécié ses propos pleins de compassion et surtout, j’ai été littéralement contaminée par sa bonne humeur, par la façon dont elle a terminé son interview qui m’a touchée . Ce qui fait qu’au moment où j’apprends son décès, j’ai un pincement au cœur…

A la fin de l’interview en fait, elle a balancé en l’air le crayon qu’elle tenait à la main en disant quelque chose comme « Vous savez, la vie, elle est tellement belle ! Vive la vie, allez ! hop ! ». Le allez ! hop ! s’est imprimé en moi. Et il m’arrive, après un coup de déprime, de lancer en l’air mon crayon en criant « Allez hop ! » Et ça repart…

Merci ma soeur pour cette leçon de la vie qui continue… Allez, hop !

B O N U S

Discours d’une centenaire à la jeunesse

Résumé du livre « Yalla, en avant les jeunes ! »

Soeur Emmanuelle

« C’est à toi que je m’adresse, jeune de France et d’Europe.
Ecoute la vieille femme que je suis : née en 1908, j’ai connu le siècle le plus hallucinant qui soit ; j’ai été appelée dans les cinq continents pour répondre aux drames de la misère, de la violence et de la guerre, là où l’homme est un loup pour l’homme. tu m’apostrophes :  » Que me dis-tu, je te suis inconnu !  » Justement non. Tu es le fils de ton siècle, tu es baigné dans tout ce qui bouillonne autour de toi.
Je voudrais le clamer à chacun d’entre vous : sois l’homme, la femme que tu es. Si la déprime est prête à te jeter par terre, sache-le : la force est en toi, dans ton corps et dans ton cœur. Cette soif de justice qui t’habite, laisse-là t’emporter vers plus malheureux que toi, entre dans la bataille. Crois en toi, en cette passion pour un monde où des hommes libres vivraient égaux, en frères. Crois en ton dynamisme, incarne ton idéal à l’endroit même où tu vis,
là où tu sens battre ton cœur.
Sache que ton acharnement, en dépit des échecs, assurera ton triomphe. Crois dans les autres : le même souffle de justice les fait tressaillir. Ne crains pas de rejoindre leur combat : l’union des jeunes est une puissance formidable… »

Image dans son contexte original, sur la page www.decitre.fr/…/9782702126141.