Trop plein d’amour…

Lettre à Fanfan
Bonjour mon chéri d’amour ! J’ai reçu un petit mot de toi…
Ah non, un plaisir comme ça, ca se bokante ! Allez hop, ma plume…
Jean-François Albert

Ses yeux sont verts… Non, marrons… Non, mordorés…
Non, miel… Enfin, ça dépend des moments

Fanfan est mon neveu à l’origine, le fils de ma sœur chérie, Yolande, qui vit au Canada depuis nanni-nannan… Mais depuis tout petit, Jean-François et Marc son frère, sont devenus beaucoup plus pour moi des fils. Je réalise à présent que je suis leur tante au sens africain du terme, c’est-à-dire leur mère en fait… Bon, en tous cas, je ne sais pas s’ils me considèrent eux, un peu en tant que telle ,mais je sais que je les aime et les aimerai toujours du même amour.

Et je les observe vivre de loin, en me sentant très fière de leur parcours à tous les deux. Marc est le meilleur compagnon et père de famille qui existe au monde et Fanfan, ce qu’il à pour moi de meilleur, c’est qu’il est l’un de ceux qui me témoignent le plus d’affection. Il a toujours un mot gentil à la bouche, il me dit « Je t’aime », il prend de mes nouvelles et oh mon dieu que c’est bon !!!

Déjà quand il était petit, il m’a offert un de mes plus beaux compliments ! Je vous raconte…

Je suis sur la route qui mène à la montagne pelée, au volant de mon autobianchi en dentelle. Pleine de trous, ok, elle l’est mais bon, elle assure suffisamment pour que j’emmène ma tribu de neveux à la plage. Il y a là Marc et Fanfan, Carole, la fille de Paule et Dalila, la petite, qui ne s’appelle pas encore Abishag, fille de Régine. Les manmans sont en voyage, je joue avec délice à la super tatie. Donc dans la voiture, moyenne d’âge 10 ans. Et moi qui m’éclate à jouer à la bonne fée, car cette baignade est une surprise. Alors tout le monde est content, ça chante, ça se chahute, çà me taquine et puis tout à coup, un petit blanc, un petit silence qui s’installe là, et puis tout à coup, la question :
– Tatie Dalila, tu ne fais pas d’enfant ?

Dalila, c’est moi à l’époque… Et je n’ai pas d’enfant, je suis même pratiquement la seule de la famille à ne pas en avoir. Sur 10 filles, ça fait tâche !

– Non, répondis-je. Mais ça viendra j’espère… Pourquoi tu me demandes ça ?

– Parce que j’ai envie d’un petit cousin de toi !

J’ai adoré ! J’ai vu tout ce qu’il a voulu dire et j’ai vu, dans ce désir, encore plus d’amour pour moi.

Tiens, ce petit mot m’en rappelle un autre, très marrant… Cette fois là, nous étions en vacances au Morne Vert, commune du Nord de la Martinique qui porte très bien son nom. Ma sœur Paule était là, et un jour, nous trouvâmes un mot qu’il avait laissé trainer, que j’ai conservé des années dans mon portefeuille, tant il m’avait touché!. Ce que je peux dire sans en dévoiler les secrets, c’est qu’il s’agissait d’une lettre à une doudou, où il écrivait tout de go, du haut de ses 10 ans, à la (petite) fille : « J’espère que tu n’as pas trouvé un notre meq »… Ca nous avait é-cla-tées!

Et puis plein d’autres choses qui font que ce neveu fils là méritait son passage dans ces pages qui recueillent quotidiennement mon trop plein d’amour.