Vite, une fricassée de lambi pour Idrissa Diop !

Je vous ai raconté mon « Coup.de.coeur pour Idrissa » et avoué comment je suis devenue plus fervente admiratrice d’Idrissa Diop qu’une présidente de fans club ! Aujourd’hui, Laissez moi vous narrer ma toute récente rencontre
avec un artiste qui me fait planer…

Idrissa Diop par Imaniyé

Les images parlent d’elles mêmes. Et que voyons-nous sur cette image ? Un visage, un regard, une allure, un sourire, un look… Et moi, excusez moi de vous le dire, mais… qu’est-ce que je le trouve beau à voir Idrissa Diop ! C’est pas un crime de le dire. Cet homme le mérite. Et même si je sais que « Fanm pani dwa di » (les femmes n’ont pas le droit de dire ce genre de chose), comme l’a chanté Jocelyne Béroard dans un de ses tubes, tout comme elle, je vais oser le dire, car regardez le, regardez la classe du mec ! Et là il n’est pas en train de poser pour un magazine, il est tout simplement en train regarder ma copine Sylviane qui lui parle et moi, assise en face de lui, je capture l’instant, klik !

C’était l’autre jour, à l’heure du déjeuner. Je suis avec Sylviane qui me fait découvrir un haut lieu de la gastronomie typiquement dakaroise, le restaurant de « Cassation », situé comme il se doit au carrefour du même nom. C’est dans ce carrefour que figure la sculpture de Kota dont je vous parle ici, voilà une bonne occasion, en y allant, de la contempler.
Le cadre donc est sympa, au bord de la mer, beau paysage, il fait très chaud et les ventilos s’y sont plutôt rares, mais bon… On patiente en attendant les plats qui tardent à venir. En pleine période de Ramadan, comment demander aux serveurs de faire du zèle ? On est résignées et détendues, on est là, on discute et à un moment, mon regard se fige sur un arrivant. Je défaille : Idrissa Diop en personne ! J’ai utilisé le mot défaillir pour vous amuser. Je veux plutôt dire que je fus très contente de le revoir. De fait, il connaissait Sylviane et c’est tout naturellement qu’il s’assoit à notre table. Waaww… Régine, ma chère, je sais qu’en ce moment même, tu m’envies. Et tu peux, parce que vraiment, j’ai encore passé un bon moment avec ce superbe artiste.

Quand même, quand même, quand même, hein… Le Bondieu, il en fait trop des fois… Avec ce gars là, il a été particulièrement généreux ! Parce que en plus d’être si craquant, cet homme est un musicien du tonnerre. Il a composé des titres qui ont marqué les esprits, dont « Fly on » où il est question d’un oiseau… Alors que n’avions droit jusqu’à présent qu’aux serveurs que l’on devinait indolents et torturés par les bonnes odeurs de superbes plats servis à d’autres, le patron du resto est venu en personne prendre la commande de Monsieur, en lui disant tout ce que « Fly on » représentait pour lui. Moi-même, j’avais la chanson en tête, car quand on l’entend, on ne peut plus l’oublier. Le tube quoi ! J’eus tout à coup honte de ne pas m’être déjà procuré son dernier disque où il a invité Carlos Santana, excusez du peu… Je n’en pipai mot bien sur, et me promis de le faire dès que possible.

NOTRE TRES JOLIE PREMIERE RENCONTRE…

Duo Idrissa Diop-Imaniyé
Mars 2006, Idrissa Diop me reçoit sur la scène du Just4U
et Sylviane fixe ce qui fut pour moi un moment un vrai bonheur !

A un moment, je sortis mon appareil photo, car j’ai pensé que ce serait drôle que je vous raconte cette jolie rencontre. C’est la troisième entre nous. La première, je la dois à Sylviane (je lui dois beaucoup de jolies rencontres, Sylviane…) qui m’avait invitée à le découvrir un soir au Just 4U. J’appréciai beaucoup sa musique et je fus invitée à faire le bœuf avec lui. Je choisis d’interpréter « L’escalier de Zabele », dont je vous parlerai très bientôt dans « Le roman de la Caravane du Retour ». Superbe souvenir ! Les musiciens, tous excellents, se sont lâchés sur les deux accords du morceau. Idrissa chanta avec moi, en coeur… Heu, pardon en choeurs je voulais dire. Il m’accompagna aux percussions avec un brio que je découvrais. Lui, il a oublié ça, mais pas moi. Je ne veux pas oublier qu’alors qu’il avait profité de mon intervention pour se désaltérer, il revint nous rejoindre sur scène et, lorsque je la quittai, il rejoua et chanta ma chanson, prouvant ainsi qu’il l’avait réellement appréciée.
Ahhhhh encore ce maudit égo qui me persécute, me direz vous ? Hummm. Toujours est-il que c’est un souvenir que je chéris.

UNE DEUXIEME RENCONTRE INOUBLIABLE !

Par contre je fus agréablement surprise qu’il se souvint avec autant de précision de notre deuxième rencontre. C’était avec toi Régine ! Olala, ce pied intégral que nous avons pris sur scène avec lui, qui nous a invité sur un tempo à lui, bien ethnique, et là, nous avons chanté le bèlè ! C’était terrible ! Il me dit en me revoyant combien il a apprécié. Charmée de le savoir. Nous aussi, on s’est éclatées !

Régine, Idrissa Diop, Imaniyé, Habib Faye
Juin 2008, retrouvailles pour moi, découverte pour Régine Féline.
Mais toujours le même plaisir ! (DR)

Et voilà que je retrouvais l’artiste, au grand jour cette fois, et qu’est ce que j’apprends ? Qu’il est là pour préparer un grand évènement, car il voudrait rassembler tous les artistes de ce pays, dans un message commun qui parlerait d’éducation. Et nous avons discuté sur ce thème et d’autres… En fait, tous les sujets abordés dans la conversation mériteraient un article. Il fut question de « fayda » et de «kersa », ce qui signifie en gros dignité pour le premier et pudeur pour l’autre. De ces valeurs dont est pétrie l’âme des gens d’ici, et qui ont l’air de fondre dans la ville surchauffée comme beurre au soleil... De la saleté de Dakar…. De l’indifférence du public à la dégradation de l’environnement… Que des sujets s’intéressant à l’autre. Idrissa Diop ne pense donc pas qu’à lui. C’est bon à savoir.

Et puis à un moment dans la conversation, nous apprenons que Idrissa est un habitué de la Martinique. Chouette ! Il connait le pays et y connait des gens que je connais aussi. Et puis, il dit comment il aime le lambi…

Imaniyé et Idrissa Diop
Cette fois là, nous prîmes rendez vous pour un succulent lambi…

Ah messieurs ! Il dit ça avec une telle ferveur que Sylviane décrète tout haut ce que je pense : « Mais il faut inviter Idrissa à manger du lambi ». Messieurs, mais comment donc ! C’est tout de suite que je m’y attèle, car je suis de tous la mieux placée pour parler du lambi, nom antillais du coquillage très connu en Afrique sous le nom de « Yèt ». En Afrique, pas de bon tchèb sans Yèt. Ça a la consistance du plastique mou, ça ne se mâche, mais ça trône dans le plat, ça le parfume et ça ne repart jamais en cuisine car chacun revendique son petit bout à grignoter. Cette chose là, aux Antilles, on appelle ça le lambi. Et on connait sa capacité à être plus dur que la pierre. Il a fallu utiliser des plantes spéciales et un mode de cuisson particulier pour l’attendrir au point d’en faire ce plat délicieux qu’Idrissa Diop disait tellement aimer. Comme moi ! 😉

Alors excusez moi de vous laisser, mais je dois préparer une bonne fricassée de lambi à la martiniquaise pour Monsieur Diop… Comment ça je ne sais pas cuisiner ?! Et ma marraine alors ? Et cette fameuse recette qui faisait tellement craquer ses clients du « Green Garden », son petit resto de fameuse mémoire, qu’est-ce-que vous en faîtes,hein ? Moi je sais que je vais la mettre à exécution dès réception. Je vous souhaite un bon appétit, branlebas de combat… Allo ? Régiiiiiiiiinnnnnneeeeee…

– Lire le récit de mon premier « Coup.de.coeur pour Idrissa »
– Ecoutez des extraits de « Fly on » et de sa rencontre avec Carlos Santana sur le myspace d’ Idrissa Diop : sa bio, ses photos, son actualité, sa musique

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B O N U S

LA FRICASSEE DE LAMBIS
La recette du yèt à la martiniquaise

 

Fricassée de lambis à l’antillaise

4 lambis nettoyés, 5 cives, persil, thym, 1 bouquet garni, 4 gousses d’ail, 2 piments, 3 tomates, 1 citron vert, huile te sel.
Faire un court-bouillon avec les lambis le bouquet garni, 1 piment, et 1 gousse d’ail écrasée. Laisser cuire environ 40 mn à la cocotte-minute. Egoutter et réserver l’eau de cuisson.
Couper les lambis en morceaux. Hacher finement cives et persil. Ecraser le reste des gousses d’ail. Couper les tomates en quartiers et les épépiner.
Faire chauffer un peu d’huile dans une cocotte, ajouter les épices hachées, le thym et l’autre piment. Remuer jusqu’à obtenir une légère coloration.
Ajouter les tomates, les écraser pour les faire fondre, et ajouter les morceaux de lambis. Verser un peu d’eau. Couvrir. Laisser mijoter à feu moyen.
Quand il ne reste presque plus d’eau, couvrir les lambris de leur jus de cuisson. Corriger l’assaisonnement selon votre goût. Laisser cuire 20 à 30 mn. En fin de cuisson verser le jus de citron dans la cocotte.

Après, on y ajoute son petit grain de sel et de folie ! Que ceux qui ont une meilleure recette ou un truc pour rendre la chose plus délicieuse encore, la partagent avec nous…

Photo et recette dans leur contexte original, un site plein de recettes pour ceux qui aiment la cuisine antillaise.

Bon appétit !